La malédiction du plastique

Le plastique a envahi nos sociétés au cours du dernier siècle écoulé. Il n'est plus possible d'acheter quoi que ce soit sans se coltiner un emballage en plastique. Les fabricants de sodas (très nocifs pour la santé par ailleurs) sont devenus parmi les plus gros pollueurs de la planète. Les conséquences sont désastreuses. Des plages de sable fin sont recouvertes de plastique, les rivières et les océans regorgent de plastique. Le bilan est alarmant, des ONG dénoncent l'inaction des gouvernements tout autant que le poids des lobbies dans les affaires publiques, mais rien ne change.

Selon les chiffres communiqués par Greenpeace (1), 300 millions de tonnes de plastiques sont produites chaque année. Le plastique contamine les océans et tous les milieux naturels. La pollution visuelle n'est qu'un moindre mal. La santé de la faune sauvage comme la santé humaine sont menacées.

Des initiatives se mettent en place, visant à débarrasser l'environnement de tous les déchets en plastique qui se sont accumulés. Récemment, une fondation néerlandaise, The Ocean Cleanup (2) a présenté son programme de nettoyage des océans. Un mécanisme de collecte des déchets en plastique flottant en surface va être déployé. Depuis plus de 40 ans, des initiatives locales, dans des villages, organisent le ramassage des déchets en plastique dans les rivières et les forets avoisinantes. Les efforts se multiplient, les campagnes d'information nous ressassent des messages alarmants, mais la malédiction du plastique s'étend inexorablement. Alors que faire ?

Toutes ces initiatives sont louables, essentielles et doivent mener à une prise de conscience globale. Ok, mais après des décennies de réflexions, d'alertes voire de culpabilisation des consommateurs, le bilan de la présence des déchets en plastique à la surface de la Terre conduit à un retentissant constat d'échec. Échec total !

Et si on arrêtait de produire du plastique tout simplement ?

C'est aussi la solution prônée par bon nombre d'entre nous, dont Greenpeace se fait l'écho. Éliminer le plastique à la source est encore la seule et unique solution pour stopper cette catastrophe en cours. On notera que le Maroc a interdit l'usage des sachets en plastique depuis deux ans. Ils sont désormais en matière naturelle recyclable. Il est vrai que les spectacles de plastiques accrochés aux cactus et aux arbrisseaux, à la périphérie des villes, étaient désolants.

Cette démarche semble être tout ce qu'il y a de plus raisonnable, mais elle reste marginale. Au contraire, on assiste à une recrudescence de l'usage des matières plastiques. Le Maroc, pays roi des tapis faits main en laine naturelle, voit se profiler des tapis en polypropylène usinés en Chine. Mais qui sont ces inconscients qui nous abreuvent de plastique jusque dans nos salons ?

Ici, les grandes enseignes de vente à distance, spécialisées dans le bas de gamme bon marché, se sont lancées dans le commerce invraisemblable d'objets décoratifs tous en plastique, comme de vulgaires tapis en plastique. L'ignominie atteint des sommets quand on découvre l'appellation de ces tapis en plastique repoussants. Chacune de ces enseignes écœurantes a en effet qualifié ces tapis de tapis de style berbère. Quelle honte !

Et si on arrêtait d'acheter du plastique tout simplement ?

Mettre un terme, du jour au lendemain, à tous les usages du plastique n'est pas une mince affaire. L'exemple des sacs d'emballage fabriqués à base d'amidon tiré du riz est typique. Cela a conduit à une augmentation du prix du riz, préjudiciable aux populations les plus fragilisées.

Dans d'autres cas, les solutions sont plus évidentes. Le plastique des bouteilles de sodas peut être remplacé par le verre consigné. Compte tenu de la nocivité des sodas pour la santé, tous ultra-transformés et contenant du glucose en excès, ou pourrait aussi arrêter de les consommer.

De son coté, le cas des tapis en plastique, garantis 100% polypropylène, estampillés Made in China, nous fait pénétrer dans le domaine de l'aberration la plus totale. Les grandes enseignes de la vente à distance, qui mènent une promotion active de ces ersatz de tapis plastique, engagent leur responsabilité au plus haut point. Sans foi ni loi, elles déversent leurs tapis en plastique dans notre quotidien. Elles contribuent au fléau de la pollution par les matières plastiques. Car ces tapis, de qualité très médiocre, finissent après quelques semaines dans une décharge, leur acquéreur ayant compris son erreur.

Ces enseignes adoptent aussi des comportements barbares dans le domaine du marketing digital, dérobant nos photos d'artisanat marocain en permanence, comme relaté récemment dans cet article sur ce blog, preuves à l'appui:

→   Les offres d'artisanat marocain et les affres d'Internet

L'attitude irresponsable de ces enseignes est déjà révoltante. Mais, par dessus le marché, ces enseignes détournent la Marque à protéger des tapis berbères. Le remède est pourtant simple. On doit impérativement cesser d'acheter les tapis de style berbère 100% polypropylène de la Redoute, Conforama, Ikea, Castorama, Saint-Maclou et autres enseignes peu recommandables. Le Grand n'importe quoi doit être banni une fois pour toutes ! Nous devons, chacun à notre échelle, nous comporter en citoyen responsable et averti. Boycotter ces marques spécialisées dans le "bas de gamme bon marché en plastique fabriqué en Chine" devient une attitude éco-citoyenne et éco-responsable.

Et si on achetait des tapis berbères tout simplement ?

Rien ne pourra jamais remplacer un authentique tapis berbère du Maroc. Sa laine naturelle provient de la nature, et elle ne contient aucun produits chimiques. Ces tapis sont fabriqués à la main par des tisseuses berbères depuis toujours au Maroc. Il en existe à tous les prix, dans toutes les tailles, et de toutes les couleurs. Certains de ces tapis berbères fabriqués à la main sont même vendus moins chers que les imitations ...

L'appropriation, pour ne pas dire le vol, par ces enseignes sans scrupules, de nos photos de tapis berbères, s'accompagne de viles comportements sur Internet, comme relaté récemment dans cet article sur ce blog:

→   Le tapis plastique à l'assaut du tapis berbère

Les Berbères sont réputés pour être restés proches de la nature, qu'ils soient établis au Maroc, en Algérie ou dans le Sahel ou ailleurs. Leur artisanat, réputé, souvent présenté sous le vocable Artisanat marocain, fait la part belle aux matières naturelles. On retrouve, pêle-mêle, l'osier, le rotin, le bambou, la laine, le bois, l'argile, la résine ou encore les feuilles de palmier Doum.

Toutes ces matières naturelles sont bien-sûr bio-dégradables et retournent à la nature tôt ou tard. C'est à partir d'une laine 100% naturelle que sont élaborés, notamment, les célèbres tapis berbères Beni Ouarain du Maroc, mondialement connus et recherchés, et entièrement faits main.

Tapis Beni Ouarain

Sources

1 - Le plastique, fléau des océans - Greenpeace, greenpeace.fr

2 - The Ocean Cleanup - The Ocean Cleanup, theoceancleanup.com


Crédit photos

- Le plastique, fléau des océans, greenpeace.fr

Les offres d'artisanat marocain et les affres d'Internet

Pergola en fer forgéL'artisanat marocain retient l'attention, c'est peu de le dire. On pourrait rajouter qu'il fait des envieux, à l'image de la pergola ci-contre, de fabrication artisanale au Maroc.

Il sert même de support à de grandes enseignes de vente en ligne. Ces dernières, avides de domination sans bornes et sans partage, n'hésitent pas à détourner nos photos d'articles de l'artisanat marocain au profit de leur visibilité exclusive sur Internet. Petites incursions dans les méandres de la vente en ligne ...

Des photos dérobées en masse ...

Les images qui suivent sont des captures d'écran de sites internet, souvent des blogs un peu farfelus mais bien axés sur le vol d'images. Vous vous étiez, peut-être, déjà posé la question de savoir comment se passent les dessous de la vente en ligne. Comment fait-on pour positionner un site de e-commerce en tête dans les moteurs de recherche comme Google ? Pour certaines enseignes, cela consiste à dérober les photos d'autres sites web, afin de s'approprier leur référencement, tout simplement.

Ici, une enseigne bien connue nous a dérobé la photo d'une pergola artisanale en fer forgé fabriquée par un artisan à Marrakech. Elle est proposée à l'origine sur notre site de vente en ligne www.artisanat-du-sud.com.

Plus inhabituel est l'appropriation de l'une de nos photos de tapis Beni Ouarain pour le compte d'une marque elle aussi bien connue, spécialisée dans le commerce des articles de sport. Cette enseigne vend des tapis schooling, c'est à dire des tapis de selle pour l'équitation destinés à l'entraînement des cavaliers et de leur monture. La photo de l'un de nos tapis Beni Ouarain a ainsi été rebaptisée "tapis schooling", comme on peut le voir sur la photo suivante.

Cette marque ne parvient-elle pas à écouler ses tapis de selle ? Cette gamme de tapis a-t-elle un défaut de notoriété ? On peut raisonnablement le supposer, sinon quel serait l'intérêt, pour cette marque, de voler la notoriété de notre photo de tapis Beni Ouarain ? Afin d'être sûre de récupérer un maximum de la notoriété des photos de nos tapis, la photo d'un tapis kilim de notre catalogue en ligne a, elle aussi, été récupérée.

C'est devenu un véritable fléau, des enseignes en perte de vitesse sont prêtes à tout pour occuper le devant de la scène dans les moteurs de recherche. Leur offre n'est nullement en adéquation avec les attentes des consommateurs. Les internautes ne se presseront pas pour passer une commande sur ces sites de vente en ligne. Une offre bas de gamme et bon marché ne satisfait pas forcément tout le monde.

... pour du référencement Internet à bas prix

Vous vous demandez à quoi tout cela peut bien servir ? L'explication tient en quelques mots. L'artisanat marocain remporte un vif succès, et depuis longtemps. Sur Internet, il fait partie des recherches les plus fréquentes. S'accaparer nos photos est le seul moyen que ces enseignes ont trouvé pour s'immiscer dans les résultats de recherche d'artisanat marocain. Pourtant, ces enseignes bas de gamme proposent des articles le plus souvent en plastique fabriqués en Inde ou en Chine ...

Meuble d'angle marocainOn atteint même des sommets quand une marque suédoise bien connue, hautement spécialisée dans les articles hautement bas de gamme pour la maison, se met a dérober nos photos de meubles marocains.

Certainement en mal de notoriété, confrontées à une stagnation voir à une baisse probable des ventes, de grandes Z'enseignes d'articles bon marché en plastique se ruent sur nos photos de meubles artisanaux marocains.

Comme le montre cette capture d'écran d'une recherche dans Google, le sieur Alex L., illustre designer supposément suédois mais parfaitement inconnu, n'a pas d'autre moyen, pour attirer les visiteurs, que de s'approprier nos photos. Ce meuble d'angle marocain a été fabriqué à Marrakech. L'artisan qui en est l'auteur n'a jamais fréquenté la moindre école de design. Mais son travail sert désormais de support aux ventes d'un designer d'une marque d'articles de déco d'intérieur peu recommandable.

Une situation alarmante

Ces quelques exemples, parmi des centaines d'autres, démontrent une tendance déviante, axée sur le vol du travail d'autrui. Les grandes enseignes de la vente à distance sont-elles réellement informée de la situation qui prévaut ? Vendre sur Internet implique de se positionner en première page des moteurs de recherche, notamment Google. Et cela peut couter très cher. Les offres de référencement à bas prix deviennent ainsi très alléchantes. Mais quelle réalité se cache derrière ces offres attrayantes ?

Le référencement recouvre les différentes taches permettant d'obtenir de la visibilité sur Internet. Tout commence avec le prestataire en France, qui promet des résultats inespérés et à moindre cout. Par l'odeur alléché, le client se laisse convaincre. La suite est moins reluisante.

De jeunes diplômés marocains exploités

Le prestataire contacte un sous-traitant à Marrakech ou Casablanca. Ce dernier emploie de jeunes diplômés marocains. Leur travail va consister à s'accaparer les photos de concurrents, apparaissant en première page dans Google. Il suffit ensuite de détourner la notoriété de ces photos vers les images du client par des liens menant à des sites web parallèles.

Et le tour est joué ... pour 240,00 euros par mois (pour les plus chanceux), des journées de 9 heures d'un travail répétitif, laborieux et déshonorant, et 6 jours sur 7. Ces jeunes diplômés en informatique rêvaient certainement d'un autre poste que celui-ci, sur les bancs de la Faculté. Bienvenue dans l'univers impitoyable de l'exploitation de l'homme par l'homme.

En situation précaire, ces jeunes diplômés habitent chez leurs parents. Il n'est pas question de louer un appartement à Marrakech avec un salaire aussi dérisoire. Acheter une voiture non plus, ni penser à se marier. Quelle jeune fille voudrait d'un mari fauché comme les blés ? Telle est la situation peu enviable que connaissent de jeunes marocains et marocaines. Ce phénomène est très répandu, mais il ne fait pas la une de la presse, ni en France ni ailleurs.

C'est pourtant la face (bien) cachée des offres de référencement à bas prix. Les grandes enseignes bâtissent leur empire digital sur le dos des jeunes diplômés exploités, au Maroc ou ailleurs.

Sont-elles informées de cette situation ? Pas sûr. Dénonceraient-elles ces pratiques si elles étaient portées à leur connaissance ? Pas sûr.

Le tapis plastique à l'assaut du tapis berbère

Le monde des Berbères est fascinant à plus d'un titre. L'occasion s'est souvent présentée, sur ce blog, d'évoquer les histoires fabuleuses rattachées au peuple berbère. Des cotes atlantiques du Maroc aux plaines occidentales du Nil, les Berbères ont profondément marqué l'histoire de l'Afrique du Nord.

L'esprit berbère

Ils ont aussi marqué l'esprit des Romains en leur temps, comme celui des Carthaginois. Le passé glorieux des Berbères a pourtant rarement rempli les livres d'histoire. Peu d'historiens ont vanté leurs mérites et rares sont les légendes Berbères à avoir perduré. En dépit de ce désert littéraire, l'aura des Berbères flotte, malgré tout, bien au delà des frontières du Maghreb.

Encore aujourd'hui, les Berbères continuent de marquer les esprits. Des herboristeries, situées bien loin du Maroc, vendent du thé berbère, quand des boutiques spécialisées dans la décoration de la maison proposent de l'artisanat berbère marocain dans le monde entier. Les tapis berbères n'ont pas échappé à la règle. Bien que le cas des tapis berbères reste un peu à part, comme on va le voir un peu plus loin.

Dans l'esprit berbère, les matières naturelles sont toujours privilégiées. La santé passe par les plantes, la beauté aussi, et toutes sortes de fibres végétales sont tressées par les artisans marocains. La laine naturelle se retrouve dans les mains agiles des tisseuses berbères qui en feront des couvertures et des tapis.

La variété des tapis berbères du Maroc

Les tapis berbères sont au Maroc ce que les vins sont à la France ou le rugby à la Nouvelle-Zélande. Ils évoquent une longue tradition séculaire, celle du tissage à la main des tapis en laine par les Berbères. Les notions de qualité, de variété et d'originalité collent à la peau des tapis berbères. On se plait à évoquer la laine naturelle qui les constitue. Le monde est sous le charme des tapis berbères, qu'on le veuille ou non. Peut-on se rendre en vacances au Maroc sans acheter un tapis berbère pour son salon ? Peut-on aborder une discussion sur le Maroc sans faire un détour par les tapis berbères ?

La variété des tapis berbères est immense. Du nord au sud du Maroc, chaque tribu berbère propose son propre style de tapis. Il en existe des dizaines de styles différents. Les tapis de montagne auront une laine épaisse, à l'image du tapis Beni Ouarain. Les tapis du sud sont au contraire très fins, que l'on réunit sous le terme de tapis Hanbel. Certains tapis berbères sont décorés de simple losanges, d'autres mêlent les figures géométriques imbriquées. Il existe aussi des tapis berbères unis, blancs, rouges, bleus, verts, jaunes ou encore violets. Parfois, seuls des points éparses garnissent le tapis berbère. Chez les Berbères de l'Ourika, près de Marrakech, le tapis sera bariolé de toutes les couleurs. Il sera fait de bouts de tissus en coton assemblés au hasard, dans une féerie de couleurs vives.

Face à une telle profusion de tapis aux styles très différents, il devient impossible de définir le style berbère pour les tapis. De la même manière, pourrait-on définir le style français pour les vins ou la porcelaine ?

Des tapis de style berbère ? Un comble !

Les tapis berbères ont le vent en poupe, cela a toujours été le cas, du moins depuis que les Européens ont fait connaissance avec les tapis berbères dans les siècles précédents. Un engouement qui ne s'est jamais interrompu, et qui n'a jamais décliné.

Pour être tout à fait précis, il faudrait rajouter ... qui n'avait jamais décliné, ... jusqu'à l'avènement des tapis en plastique dits "tapis de style berbère".

Cette appellation est toute récente, puisqu'elle ne date que de quelques mois sur Internet. Elle est le fruit de l'imagination un peu tordue de quelques spécialistes de marketing digital. Ce terme quelque peu barbare recouvre un ensemble de procédés (plus ou moins licites !) de marketing et de communication sur Internet. Leur dernière trouvaille, qui leur a certainement couté des nuits blanches, a été de lancer sur le marché les "tapis de style berbère". Une dénomination qui n'a aucun sens, comme vous le savez, pour un tapis qui n'en est pas un, fabriqué en matière plastique en Chine ou en Inde.

Mais lancer un produit aussi bas de gamme n'est pas une mince affaire. Il faut avant tout un prix du tapis très attractif, qui laisse penser au client que ce prix n'est pas cher pour un tapis. Tout en se réservant des marges colossales, car le cout de fabrication d'un tapis en plastique par une machine en Chine est dérisoire.

Il faut ensuite le faire connaitre auprès du grand public. Même si ce public n'est pas vraiment attiré par les tapis en plastique. Et pour cela, quoi de mieux que le réseau Internet ?

Utilisant tous les moyens imaginables, déterminés à imposer aux consommateurs que nous sommes des tapis en polypropylène dont nul ne veut dans son salon ni dans son garage, les spécialistes du marketing digital sont partis à l'assaut du tapis berbère. Nous tairons ici le nom de la marque, évitant ainsi la publicité gratuite et les éventuelles poursuites.

Le terme n'est pas trop fort, tant les dégâts n'ont pas tardé à apparaitre. Outre le piratage massif de nos photos de tapis berbères, principalement celles des tapis Beni Ouarain, les auteurs de cet assaut ont littéralement scié la branche sur laquelle ils s'étaient assis ... Mais que s'est-il passé exactement ?

Le tapis berbère Beni Ouarain à la rescousse

La réponse est très simple. Elle se lit sur une courbe. Les internautes, à la recherche de tapis berbères du Maroc, ont eu la désagréable surprise de voir apparaitre, dans les moteurs de recherche, des photos de tapis en plastique. Les amateurs et amatrices de véritables tapis berbères, profondément déçus et probablement déstabilisés, ont peu à peu pris leur distance avec les tapis berbères sur Internet. Délaissant l'idée de trouver de véritables tapis berbères dans Google, ils ont produit la courbe suivante.



Si la courbe rouge des recherches de "tapis Beni Ouarain" a une projection à la hausse en France pour le mois de septembre à venir (pointillés rouges), la courbe bleue des recherches de "tapis berbère" s'effondre totalement. Cette dernière prévision à la baisse montre que la branche a été sciée. Les internautes ne recherchent plus de tapis berbères dans Google, mais se recentrent sur les authentiques tapis berbères, notamment le fameux tapis berbère Beni Ouarain. À tout seigneur tout honneur !

Le tapis plastique à l'assaut du tapis Beni Ouarain

Étrangement, c'est justement le piratage des photos de tapis Beni Ouarain sur Internet qui a produit ce résultat dans les tendances de recherche. Les grandes enseignes d'articles bas de gamme, sans foi ni loi, ont donc confié leur avenir à des personnes passablement étourdies. Manquant singulièrement de finesse d'esprit, d'esprit d'analyse et de capacités d'anticipation, ces parasites de l'Internet ont ainsi bu la tasse.

Pirater nos photos de tapis Beni Ouarain, comme celles d'autres concurrents honnêtes, ne suffit pas pour prendre notre place. Encore faut-il être capable de pirater à bon escient. Un vrai pirate ne coule pas son propre bateau.

Pour ce faire, les têtes brûlées du marketing digital n'ont pas lésiné sur les moyens. Toutes les photos de notre catalogue ont été piratées sans exception ... pour un résultat nul. Un exemple ?

Puisque vous insistez, voici un exemple caractéristique du piratage de l'une de nos photos de tapis Beni Ouarain. La photo du salon ci-dessous montre le tapis Beni Ouarain de notre cliente dans son salon. Une enseigne bien connue se l'est appropriée, rebaptisant la photo au passage comme vous pouvez le constater.

Cette photo de salon date de 2016 et illustre toujours un article sur ce blog, d'où elle a été piratée. Vous aurez noté que ce véritable tapis Beni Ouarain fait main au Maroc trône, chez cette enseigne, au coté de tapis en plastique.

Je pourrais aussi vous parler de ce tapis Beni Ouarain en laine naturelle dont certains concurrents tentent de tirer profit. Sur la capture d'écran suivante, la photo d'un tapis Beni Ouarain vendu en 2015 réapparait aux cotés de photos de tapis de concurrents. Il faut dire que cette photo de notre tapis blanc et brun était en tête dans les moteurs de recherche avant que le tapis ne soit vendu.


En positionnant deux photos de tapis à proximité l'une de l'autre sur une page web, les pirates espèrent un transfert de notoriété de notre photo vers la leur. Une fois de plus, cette photo d'un concurrent est celle d'un tapis vendu sur Internet par une autre enseigne bien connue.

Et voici ci-dessous cette photo d'archives de notre tapis Beni Ouarain, vendu depuis 3 ans mais dont la photo est, encore aujourd'hui, toujours piratée.

Les tapis berbères font des jaloux, surtout quand leurs photos ont eu la fâcheuse idée de se positionner en tête dans les moteurs de recherche. Leur destin est alors scellé. Nos photos piratées de tapis berbères du Maroc serviront désormais de levier pour accroitre les ventes de sites peu recommandables. Nous ne vous dirons pas leurs noms, mais vous les reconnaitrez lors d'une prochaine recherche de tapis berbère dans Google.

La morale de cette histoire, si il devait y en avoir une, serait que le marketing digital a de sérieuses lacunes en son sein. Peut-être aussi a-t-il été placé dans les mains d'incompétents notoires ...

Comment reconnaitre un véritable tapis Beni Ouarain ?

Pour celles et ceux d'entre vous qui ne connaissent pas encore le tapis Beni Ouarain, il semblerait que la chance vous a guidé jusqu'ici. Découvrir ce tapis berbère du Maroc est toujours une expérience riche en émotions. Le tapis berbère Beni Ouarain porte en lui le cachet et la tradition du tissage des tapis en laine chez les Berbères du Moyen Atlas.

Tapis berbère Beni Ouarain du Maroc

Il est reconnaissable au premier coup d’œil, pour nous qui sommes habitués à en voir tous les jours. Manipuler le tapis Beni Ouarain au quotidien reste toujours un plaisir, l'occasion d'apprécier sa laine naturelle. Il s'agit de la première qualité de ce tapis berbère, sa laine étant non traitée ni colorée.

La laine naturelle du tapis Beni Ouarain

Cet aspect naturel est la première clé d'identification d'un véritable tapis Beni Ouarain du Maroc. La laine a conservé sa teinte originelle, que ce soit une laine blanche utilisée pour le fond du tapis, ou une laine brune pour le dessin des losanges.

Tapis berbère Beni Ouarain

Un véritable tapis Beni Ouarain du Maroc ne sera jamais parfaitement blanc comme peuvent l'être les nuages. Il sera toujours doté de nuances dans les différentes teintes de la laine blanche. En revanche, la laine ayant conservé la fragile pellicule transparente qui recouvre chaque brin, le tapis sera brillant, voir éclatant de blancheur, dès lors qu'il sera observé à la lumière du jour.

Tapis berbère Beni Ouarain

Si un soit-disant tapis Beni Ouarain vous est proposé, d'une blancheur équivalente à celle des draps blancs, vous pouvez être sûre et certaine que vous êtes en présence d'une simple imitation. Si le vendeur vous assure que la blancheur de la laine est naturelle, il se justifiera probablement en vous expliquant, par exemple, qu’il s'agit de laine d'agneau. Il y a peu de chance que ce soit le cas, les tapis en pure laine d’agneau étant extrêmement rares.

Le cachet fait main du tapis Beni Ouarain

La rareté ne vient d’ailleurs pas uniquement de la difficulté à se procurer de la laine d'agneau. Elle s'explique surtout par le fait que la laine d'agneau n’est pas capable, à elle seule, d'assurer une bonne résistance au tapis. Elle doit toujours être mélangée à des brins de laine plus durs et résistants, provenant de moutons plus âgés.

Tapis Beni Ouarain

Les tisseuses berbères connaissent bien leur métier et savent comment s'y prendre pour fabriquer un tapis Beni Ouarain conçu pour durer. Les tapis lentement élaborés à la main conservent tout le charme et le cachet du travail fait main. Cela se perçoit aisément en observant le tracé un peu irrégulier des losanges du tapis. Les losanges n'ont pas été dessinés au préalable sur une quelconque trame, mais apparaissent au fur et à mesure de l'avancement du tapis.

Tapis Beni Ouarain

À l'image du tapis Beni Ouarain en photo ci-dessus, les losanges, bien que relativement bien formés, ne sont pas parfaitement répartis sur la surface du tapis. On observe fréquemment un léger décalage dans l'alignement des losanges. De même, un losange pourra avoir une taille différente de celle de son voisin. Il sera un peu plus aplati ou au contraire plus allongé.

Comme vous pouvez le constater, il n'est nul besoin d'être une spécialiste des tapis berbères pour être en mesure de reconnaitre un véritable tapis berbère Beni Ouarain fait main au Maroc.

Tapis berbère Beni Ouarain

Le tapis berbère au sommet de sa gloire

Avez-vous déjà songé à décorer votre salon d'un authentique tapis berbère du Maroc ? Si oui, votre choix s'est très probablement porté sur un tapis en laine naturelle fabriqué par des tisseuses berbères au Maroc. Jusque là, tout est normal, puisque les tapis berbères sont originaires du Maroc.

L'aspect artisanal du tapis, son cachet marocain, ses couleurs, tout comme la qualité du travail à la main ou encore la douceur du tapis, auront dicté votre préférence pour l'un ou l'autre de ces tapis berbères.

Tapis berbère Beni Ouarain du Maroc

Dans le cas où vous recherchez toujours un tapis berbère, que ce soit pour remplacer votre ancien tapis berbère, ou pour découvrir le charme des tapis marocains, on peut raisonnablement penser que les aspects précédemment édictés restent d'actualité. L'origine marocaine de votre futur tapis berbère restera vraisemblablement une priorité.

Si l'envie vous prenait de rechercher des tapis berbères sur Internet, votre surprise sera de taille en découvrant les sites internet désormais proposés par Google. Parmi les premiers résultats d'une recherche de "tapis berbere", figurent des sites (peu recommandables) proposant des tapis d'inspiration berbère 100% polypropylène !

Vous avez bien lu ! Aussi étonnant que cela puisse paraitre, les grandes enseignes du commerce en ligne sont parvenues à détourner le sens original des termes "tapis berbère" et à se positionner en tête dans les moteurs de recherche en proposant dans leur boutique en ligne ... des tapis en plastique fabriqués par des machines en Asie.

Autant vous dire que cette offre de tapis synthétiques bas de gamme est très éloignée des tapis berbères de vos rêves. Un authentique tapis berbère Beni Ouarain du Maroc, comme celui présenté ci-dessous, correspondrait davantage à vos attentes, à n'en point douter.

Tapis berbère Beni Ouarain du Maroc

L'une de ces enseignes, bien connue en France depuis les années 60 pour son coté ringard et vieillot, est La Redoute, désormais pilotée par des fanfarons adeptes du marketing digital et formés dans les plus grandes écoles de commerce.

Au bord de l'asphyxie financière en 2005, cet ancien poids lourd de la vente à distance avait raté la révolution Internet, tout comme les 3Suisses. Ils n'avaient, semble-t-il, pas compris que leur catalogue ringard ne correspondait pas aux attentes des usagers d'Internet, une nouvelle clientèle qui recherchait sûrement autre chose sur Internet que les articles bas de gamme de cette enseigne poussiéreuse.

Une clientèle qui aurait fondu littéralement à la vue d'un tapis berbère Beni Ouarain du Maroc en laine naturelle fait à la main comme celui-ci:

Tapis Beni Ouarain du Maroc

En 2014, les futurs anciens propriétaires de La redoute, désireux de se débarrasser de ce boulet, selon leurs propos repris dans la presse, ont revendu cette enseigne pour le montant mirobolant de ... 1 euro symbolique. Tout est dit ! La nouvelle propriétaire n'était autre que la directrice qui avait mené cette enseigne droit dans le mur depuis 2009, cumulant 300 millions d'euros de perte sur les 5 années précédentes.

Le nouveau binôme qui trône au sommet de la hiérarchie de cette enseigne a prôné le virage numérique et une offre dépoussiérée. L'objectif est de gommer ce coté ringard qui colle à cette enseigne, selon les propos tenus par le binôme directeur. Désormais, des designers freelance grouillent dans les étages, faisant preuve d'une imagination sans borne. De cette imagination débordante sont nés les tapis ... comment dire ... des tapis copiés sur les tapis berbères du Maroc !

Oubliez le tapis berbère blanc des tribus Beni Ouarain du Maroc. Même si je sais que vous n'auriez pas hésité une seule seconde à venir chercher ce magnifique tapis berbère Beni Ouarain à pied jusqu'à Marrakech pour le ramener dans votre salon si besoin était.

Tapis Beni Ouarain du Maroc

Mais chez La redoute, on n'est pas du genre à se laisser distraire, et encore moins charmer par un authentique tapis berbère du Maroc. Leurs tapis bas de gamme à souhait, dont le design rappelle vaguement celui des tapis berbères du Maroc, sont censés conquérir la nouvelle cible clientèle de La redoute, les « filles poétiques » et les « femmes bohèmes rock » (1).

Les filles poétiques vont-elles se jeter frénétiquement sur les tapis en plastique d'inspiration berbère 100% polypropylène fabriqués en Chine de La redoute ? Pendant que les femmes bohèmes rock iront s'arracher, dans un tumulte rocambolesque, les tapis de style berbère de La redoute fabriqués en Inde ?

Car il ne faudrait pas se tromper et se diriger vers l'offre de tapis que ne nous est pas destinée. Les filles poétiques devront se contenter d'un tapis en plastique. Ainsi l'a décidé La redoute !

Elles, si belles, poétiques, qui rêvaient d'un authentique tapis berbère du Maroc, aussi doux que la crinière d'un cheval galopant au vent sur une plage déserte au sud de Biscarrosse en faisant gicler l'écume, devront revoir leurs ambitions à la baisse. Il leur faudra patienter, jusqu'à la majorité, puis encore jusqu'au mariage, donner naissance à leur premier enfant lors d'un safari au Kenya, puis un deuxième enfant dans les vieux quartiers insalubres de Memphis, au plus profond du Tennessee, pour enfin atteindre le stade ultime.

La récompense ne se fera pas attendre. Devenues avec le temps des femmes bohèmes rock confirmées, elles pourront enfin se débarrasser du vieux tapis 100% polypropylène de La redoute qui leur faisait honte. Place désormais au fabuleux tapis de style berbère fabriqué en Inde spécialement pour La redoute. Fini le polypropylène, vive la mode indienne d'inspiration berbère de La redoute ! La vraie vie quoi !

Restons positives et considérons que ce fut grâce à La redoute que vous avez connues les joies intenses d'un safari au Kenya suivies des virées nocturnes, en fin de grossesse du second enfant, dans les bas quartiers de Memphis.

Je sais bien, il n'est pas facile de rester positive avec un tapis 100% polypropylène de La redoute dans son salon. Mais alors, imaginez que le meilleur reste encore à venir.

Tapis Beni Ouarain du Maroc

Et si le cauchemar prenait fin ?

Et si une nouvelle vie existait après les tapis 100% polypropylène de La redoute ?

Une vie où le rêve, le vrai, sans barrière ni polypropylène, serait permis ?

Une vie où on ne serait plus obligées de donner naissance à deux enfants bénéficiant chacun de la double nationalité pour exister ?

Figurez-vous que ce monde merveilleux existe toujours. Alors que vous étiez égarées sur le site de La redoute, rongées par des tourments bien compréhensibles, des femmes berbères tissaient des tapis à la main et en laine naturelle au Maroc pour votre plus grand bonheur.

Un bonheur n'arrivant jamais seul, chacun des authentiques tapis berbères Beni Ouarain affichés dans cet article peut être commandé sur Internet en cliquant sur la photo du tapis. N'ayez plus aucune crainte désormais à cliquer sur les photos des tapis Beni Ouarain, aucun lien ici ne vous dirigera vers le site tant redouté de La redoute, je vous rassure.

Afin de vous démontrer à quel point nous compatissons et partageons vos attentes, sachez qu'une remise spéciale de 20% sera offerte pour l'achat d'un tapis berbère à toutes celles d'entre vous qui auront eu leur premier enfant au Kenya lors d'un safari et le second à Memphis.



Source

1 - L’incroyable résurrection de La Redoute, Capital, 26/05/2016

Le commerce des Berbères Almoravides

Le commerce transsaharien fait partie de l'histoire de l'Afrique, mais aussi de celle du Maroc. Les caravanes berbères, parfois constituées de plusieurs milliers de chameaux, ont marqué de leur empreinte les voies d'échanges et de communication au Maroc.

Comme on l'a vu dans un précédent article, les marchandises transportées depuis Tombouctou ou Nouakchott transitaient par le Haut Atlas sur la façade atlantique du Maroc. Elles se destinaient aux ports d'Essaouira, de Souira Kédima et de Safi.

Lire l'article: Les pistes caravanières du commerce transsaharien

Aux alentours du XIe siècle, les Berbères Almoravides contrôlaient l'une des principales voies commerciales, depuis la cité de Aghmat, idéalement située sur cet itinéraire. Aghmat fut la première capitale des Berbères Almoravides, en 1057 - 58 (1) avant que Marrakech ne lui succède.

La Discussion, Giulio Rosati
La Discussion, Giulio Rosati, vers 1917

Mais déjà, le commerce des marchandises étaient structuré, organisé entre le sud du Sahara et les cotes européennes et doté d'une monnaie. Le Dinar almoravide a précédé l'édification de la cité impériale de Marrakech de seulement 13 années (2).

Son apparition coïncide avec la prise, par les Berbères Almoravides, de l'ancienne cite de Sijilmassa au Maroc en l'an 1058. Les Berbères Almoravides, provenant à l'origine de la partie ouest du Sahara, marquait ainsi leur prédominance sur le commerce de l'or soudanais. Tout le commerce entre le sud de l'Europe et le Maghreb occidental passait par des routes contrôlées par les Almoravides.

Ces connaissances sur les Berbères qui ont fondé Marrakech nous sont parvenues, entre autres, grâce à l'analyse des métaux Or et Argent présents dans les Dinars almoravides. Cette étude a été menée à l'Université de Toulouse-Le-Mirail, dans le département d'Histoire médiévale.

Outre les informations extrêmement précisés qu'elle contient sur la constitution des pièces de Dinars almoravides, cette étude fait la lumière sur l'origine de l'or fondu dans les pièces. Elle permet de comprendre les relations politiques et commerciales à l’œuvre au XIe siècle dans la région, alors que la cité de Marrakech n'était encore qu'un campement berbère près de l'Oued Tensift.

À suivre ...



Sources

1 - Nouvelles découvertes archéologiques à Aghmate, IRCAM, 27/06/2007

2 - La monnaie Almoravide : de l'Afrique à l'Espagne, Article, C. Roux, F. Guerra, ArchéoSciences, revue d'Archéométrie, Année 2000, 24 pp. 39-52


Les pistes caravanières du commerce transsaharien

Le Maroc occupe une situation géographique stratégique résultant de son positionnement au nord-ouest de l'Afrique. Les cotes du Maroc donnent accès à la fois à l'océan atlantique sur la façade marocaine occidentale, et à la mer méditerranée sur la façade septentrionale.

Cette spécificité géographique a placé très tôt le Maroc au cœur du développement du commerce maritime entre les rives nord et sud de la méditerranée dès le Moyen-âge. Les marchandises, en provenance d'Afrique de l'ouest, avaient franchi au préalable le désert du Sahara, avant de transiter sur le sol marocain via Marrakech.

Tableau Essaouira
Port d'Essaouira, peinture à l'huile - © Olivier de Lannoy

Sous les Berbères Almoravides au XIe siècle, les ports de commerce de Essaouira, de Souira-kédima et de Safi réceptionnaient des marchandises du commerce transsaharien passées par Aghmat-Ourika, puis plus tard par Marrakech. Les bateaux de commerce appareillaient puis longeaient les cotes marocaines à destination des ports de Barcelone, Marseille ou Gènes.

Il s'agit de l'un des itinéraires des anciennes routes commerciales qui traversaient alors le Maroc. Le commerce à travers le Sahara, puis les pistes marocaines, était organisé notamment autour de l'or et de l'ivoire provenant d'Afrique de l'ouest (1). Ce commerce lucratif est né sous l'occupation romaine du Maghreb, dont celle du territoire marocain, et s'est développé tout au long du Moyen-âge.

L'Afrique de l'ouest présentait alors un intérêt économique de tout premier plan pour l'Europe médiévale et le Maghreb en raison de ses richesses. L'or, de même que l'ivoire, provenait des régions correspondant, entre autres, aux pays actuels du Ghana, de la Côte-d'ivoire, du Mali ou du Niger.

Ces régions de l'Afrique de l'ouest ne pouvaient être accessibles, depuis le Nord, qu'en traversant le désert du Sahara. Rappelons que le commerce maritime dans l'océan atlantique n'est apparu qu'à la fin du XVe siècle. Le Sahara est à considérer, au début du Moyen-âge, comme une immense superficie inaccessible et totalement inconnue des Européens. Seuls les récits des Berbères portaient à l'Europe la connaissance de fabuleux royaumes africains.

L'existence de certaines richissimes cités, comme Nouakchott, Sijilmassa ou Tombouctou, nourrissait l'imaginaire collectif en Europe occidentale. Mais aucun européen n'avait jamais pu observer de ses propres yeux ces cités africaines légendaires. Il faudra attendre l'année 1828 pour voir un non-musulman arpenter le Sahara, lors du périple à Tombouctou de René Caillié. Mais ce dernier fut plutôt déçu par la vieille cité malienne. Celle-ci avait depuis longtemps perdu son lustre d'antan.

Marché aux chameaux de Nouakchott
Marché aux chameaux à Nouakchott, Mauritanie

Le commerce entre l’Afrique sub-saharienne et le Maghreb remonte traditionnellement à l'époque pré-islamique. C'est peu dire, puisque le Sahara a été, depuis tout temps, le lieu d'une intense activité. Les Berbères ont connu le Sahara humide, à une époque reculée. Leurs ancêtres parcouraient alors une région humide, cultivée et disposant d'immenses lacs.

Avec le lent processus de réchauffement climatique, initié il y a plus de 20 000 ans, ils ont observé et subi la désertification progressive du Sahara. Le Sahara , devenu cette région aride et inhospitalière il y a environ 3000 ans, s'est dressé comme une barrière naturelle freinant les échanges nord-sud. Traverser le désert du Sahara imposait de franchir des dunes et des paysages arides sur plus de 2000 kilomètres.

La disparition des lacs du Sahara, dont l'immense lac Tchad, dont il ne reste aujourd'hui qu'une infime portion, a eu des répercussions directes sur les échanges. Des voies anciennes de communication ont disparu sous le sable. D'autres se sont déplacées à l'Est ou à l'Ouest. Les échanges commerciaux ancestraux entre le Maghreb et l'Afrique noire auraient même pu s'interrompre définitivement. La mémoire du mystérieux Sahara verdoyant allait-elle s'effacer à tout jamais ?

Chott el-Jérid, Tunisie
Chott El-Jérid, Tunisie

C'était sans compter sur l’opiniâtreté ni sur le caractère intrépide et aventurier des Berbères du Sahara. Répartis géographiquement au Maroc, en Algérie, comme en Mauritanie, au Mali et au Niger, les Berbères nomades de la partie ouest du Sahara n'ont pas hésité à poursuivre leurs itinéraires à travers ce désert brûlé par le soleil.

Sur une période couvrant plusieurs millénaires, les Berbères du Sahara ont été les maîtres incontestés du transport de marchandises, depuis l'Afrique noire vers le Maghreb, et au-delà vers l'Europe du Sud. Ils sont à l'origine des pistes caravanières du commerce transsaharien. Ce monopôle des Berbères s'est échelonné sur plus de 3000 ans. Il ne prendra fin qu'aux alentours du XVe siècle, et l'avènement du commerce maritime transatlantique.

On lui doit la création de la cité de Marrakech, en 1062, idéalement positionnée à un carrefour de routes commerciales remontant du Sahara. Les caravanes des Berbères provenaient de Tombouctou, via Zagora, ou de l'actuelle Mauritanie. Elles avaient franchi le désert du Sahara, gravi les pentes du massif du Haut-Atlas, longé ses vallées creusées dans la roche, pour enfin déboucher sur les plaines atlantiques du Maroc.

Un repos bien mérité attendait ces courageux nomades berbères à Aghmat-Ourika, dominée par les Berbères Almoravides. Ces derniers allaient peu à peu délaisser la cité d'Aghmat pour sa voisine devenue plus prospère. Si la vieille cité d'Aghmat s'est éteinte, dont il ne reste aujourd'hui que des ruines, elle a engendré la naissance de la célèbre cite ocre et de sa mosquée, la Koutoubia, il y a près de 1000 ans. Marrakech, créée à l'initiative des Berbères Almoravides, est la dernière cité née du commerce transsaharien.

À suivre ...



Sources

1 - Sam Nixon, « Tadmekka. Archéologie d’une ville caravanière des premiers temps du commerce transsaharien », Afriques [En ligne], 04 | 2013, mis en ligne le 23 mai 2013, consulté le 20 mars 2018. URL : http://journals.openedition.org/afriques/1237 ; DOI: 10.4000/afriques.1237


Crédit photos

- Tableau Essaouira, © Olivier de Lannoy

- Nouakchott camel market, via Wikimedia Commons

Marrakech, caravanes berbères et foundouks

Les foundouks sont la mémoire des anciennes cités aujourd'hui millénaires. Orthographié fondouk, et parfois funduq ou, plus rarement, fondouck, fundaq ou funduque selon les auteurs, ces termes désignent tous les fameux caravansérails qui garnissent les cités millénaires.

Fondouk El Mizane, Marrakech

Comme ici dans la Médina à Marrakech, ce lieu était destiné aux voyageurs, artisans et commerçants de passage. Il permettait d'accueillir les hommes, leurs marchandises, leurs chameaux et leurs chevaux. Les caravanes faisaient escale, sur le chemin des anciennes routes commerciales. Tout le monde y trouvait de quoi se restaurer, passer la nuit et se reposer avant les négociations commerciales. Ces lieux d'accueil et d'échanges grouillaient d'activités, véritable carrefour commercial et culturel.

Le commerce des caravanes berbères a eu un impact immense sur l'essor de centres urbains au Maroc. Il a été à l'origine du développement des cités au Maroc, protégées par des remparts, à l'image de Marrakech et de Fès, pour ne citer que les plus célèbres.

Cet héritage berbère ne laisse personne indifférent. Il a profondément marqué l'histoire du Maghreb, dont les foundouks sont une trace encore bien présente. Ils font d'ailleurs l'objet d'une attention toute particulière de la part des pouvoirs publics. Dans la Médina de Fès, des opérations de restauration ont été menées pour redonner leur dynamisme aux fondouks.

Ainsi que le relate le quotidien francophone du Maroc L’Économiste dans un article paru récemment (1), le foundouk Staouniyine de Fès a reçu la visite du ministre du tourisme. Une preuve, s'il en fallait, de l'intérêt que suscitent les fondouks aux yeux des autorités marocaines. Réhabilités par l'Agence de développement et de réhabilitation, les fondouks de la Médina de Fès s'offrent une nouvelle vie. S'y développent des activités artisanales, commerciales et des services de restauration pour les touristes.

L'édification de la cité de Marrakech est directement rattachée aux anciennes routes commerciales qui franchissaient le massif du Haut Atlas. Empruntant les vallées, ces voies commerciales débouchaient sur Aghmat-Ourika, avant de remonter vers le nord.

Itinéraire culturel del almoravides et des almohades: Antonio Almagro Gorbea

Dans un ouvrage à caractère historique et culturel publié en 1999, la fondation publique andalouse El legado andalusí, basée à Grenade en Espagne, consacre plus de 500 pages aux itinéraires almoravides et almohades traversant le Maroc. (2)

Ce livre remarquable nous rappelle que, sous l'impulsion d'Al Andalus, les Berbères Almoravides et Almohades, qui ont fondé et bâti Marrakech, ont développé des voies commerciales reliant le Sahara à l'Europe occidentale.

À suivre ...



Sources

1 - Fès: Une nouvelle vie pour les foundouks, Par Youness SAAD ALAMI, 02/03/2018, L’Économiste

2 - Itinerario Cultural de los Almorávides y Almohades, Fundación El legado Andalusí (España), 1999


Crédit photos

- Foundouk, Fès, Maroc, leconomiste.com.

L'artisanat du chanvre au Maroc

Alors que la production de chanvre dans le Rif marocain alimente toujours les débats, la presse relaie des avancées qui pourraient déboucher sur un nouveau paradigme. Considérée comme illégale au Maroc, la culture du chanvre s'est pourtant imposée dans la région du Rif. Elle s'est perpétuée jusqu'à aujourd'hui au Maroc, en dépit des interdictions, et pourrait connaitre un nouveau souffle avec le développement des nouveaux usages industriels de la fibre de chanvre.

Chefchaouen, Maroc

Chefchaouen et sa région, au nord du Maroc, pourraient voir se développer un nouveau type d'artisanat en marge de la maroquinerie et du travail de la laine traditionnels. Si l'artisanat est déjà l'une des principales ressources pour les familles marocaines habitant dans le Rif, il pourrait alors s’enrichir de nouveaux produits artisanaux élaborés à base de fibre de chanvre, apportant dans son sillage de nouveaux revenus.

Lire l'article à ce sujet: Nouvelles perspectives artisanales dans le Rif

Parler de l'artisanat du chanvre au Maroc peut paraitre un peu prématuré, si l'on considère son développement récent et les premiers pas qui vont dans ce sens. Pourtant, si l'on se réfère à l'histoire de cette culture et à la place qu'elle a occupée dans les sociétés humaines, l'artisanat à base de chanvre ressemble à s'y méprendre à un retour aux sources au Maroc.

Un artisanat très ancien au Maroc

Il est communément admis que la culture du chanvre trouve ses origine en Asie, bien que plusieurs foyers semblent avoir co-existé dès l'époque du néolithique. C'est ce que révèle une étude rapportée récemment dans le magazine scientifique international américain New Scientist. (1)

Des preuves archéologiques accumulées en Asie et en Europe font remonter les premières traces de l’utilisation du chanvre par l'homme à la fin de la dernière période glaciaire. C'est au cours du douzième millénaire avant notre ère que l'homme aurait commencé à exploiter les propriétés résistantes des fibres de chanvre et probablement ses propriétés médicinales.

Montagnes du Rif au Maroc

Son usage se serait ensuite répandu rapidement sur tout le pourtour méditerranéen, englobant la culture capsienne présente dans le Maghreb. Des écrits datant de près de 2000 ans, retrouvés en Chine et en Égypte, attestent de l'utilisation de la résine à des fins médicinales. Le papyrus de Ebers, écrit en 1500 av. J.C. et retrouvé en Égypte, mentionne les graines de chanvre utilisées pour soigner les inflammations. Les vertus du chanvre sont encore bien connues aujourd'hui, lequel, associé au miel, offre des propriétés à la fois antiseptiques, anti-douleurs et cicatrisantes. Les caractéristiques thérapeutiques des variétés de chanvre ont sans doute largement contribué à rendre cette plante indispensable aux premières sociétés humaines.

Bateaux de Christophe Colomb
Peinture La Niña, la Pinta et la Santa Maria par Edward Moran

Les fibres de chanvre étaient également appropriées pour confectionner des cordes très résistantes utilisées pour le gréement des bateaux à voile, et des textiles (vêtements, sacs, chaussures, ...). On peut dès lors évoquer les prémices de l'artisanat qui allait se développer rapidement dans toutes les communautés sédentarisées. Associé à de l'argile, la paille de chanvre était aussi utilisée comme matériaux la construction.

La variété des usages que l'homme a su faire de cette plante a encouragé une production planétaire. La répartition géographique de la culture du chanvre montre que son usage s'est généralisé sur tous les continents. Elle va accompagner les premières sociétés humaines tout au long de leur développement.

En définitif, les usages du chanvre sont si nombreux qu'il a certainement été à l'origine de l'artisanat au même titre que la laine et l'argile. Avec le retour, qui semble programmé au Maroc, d'une multitude d'activités artisanales liées à cette matière naturelle, on devrait prochainement voir émergé une véritable industrie, si les textes législatifs donnent le feu vert au développement licite de la culture du chanvre dans le Rif marocain.

Tapis berbère Beni Ouarain
Tapis berbère du Maroc en laine naturelle

Sources

1 - Founders of Western civilisation were prehistoric dope dealers - By Colin Barras, newscientist.com, 7 July 2016


Crédit photos

- Chaouen, Morocco, via commons.wikimedia.org

- Montagnes du Rif, Maroc, via commons.wikimedia.org

Nouvelles perspectives artisanales dans le Rif

On connait la propension des Marocains à utiliser les matières d'origine naturelle pour confectionner des objets artisanaux. Les ustensiles du quotidien comme les équipements de la maison proviennent très souvent au Maroc de l'artisanat marocain. Cet artisanat local produit une profusion d'objets variés à usage domestique ou décoratif dans toutes les régions du Maroc ou presque.

Les tapis berbères en laine naturelle en sont un parfait exemple dans ce domaine, réunissant design, confort et savoir-faire pour donner naissance à des tapis que l'on pourrait qualifier assurément d'écologiques. Le tapis Beni Ouarain symbolise tout l'art du tissage des tapis chez les Berbères et leur immense créativité.

Tapis berbère Beni Ouarain

Si le tapis Beni Ouarain du Moyen Atlas est un exemple de réussite, s'écoulant massivement sur tous les continents et contribuant grandement aux ressources des foyers dans ces zones rurales, il est un peu l'arbre qui cache la foret. Les foyers ruraux au Maroc ne disposent pas tous d'un tel vecteur de rentrée d'argent. C'est le cas de la région voisine isolée et escarpée du Rif central, au nord du Maroc, comme nous l'avons vu précédemment dans cet article: L'artisanat marocain, l'espoir du Rif.

Vue du Rif au Maroc

Dans cette région montagneuse, l'économie locale repose essentiellement sur l'agriculture, la culture du chanvre étant prépondérante sur les pentes caillouteuses des massifs du Rif marocain. Le sol n'est pas très riche en terre arable, limitant les possibilités dans le choix des cultures. Or le chanvre a la particularité de pouvoir s'épanouir dans un sol au potentiel limité.

Cette plante présente toutes les caractéristiques lui permettant de coloniser les terres moyennement riches ainsi que le rappelle Antoine Bosse-Platière:

Le chanvre textile est une plante peu exigeante, capable de produire une biomasse très importante dans des terres ingrates avec très peu d'intrants et d'arrosage et sans protection phytosanitaire. Antoine Bosse-Platière, terrevivante.org. (1)

Elle représente donc l'une des rares cultures à grande échelle pouvant êtres conduites dans le Rif marocain. Diversifier ses débouchés est ainsi un enjeu prioritaire pour toute la région rifaine. Les impératifs liés à la notion de développement durable promeuvent l'utilisation des matières naturelles dans de nombreux secteurs. Les débouchés du chanvre pourraient bien être à l'origine d'un nouvel essor économique dans cette région quelque peu défavorisée.

Plantation de chanvre, Chefchaouen, Maroc

La nécessité de rentabiliser la production de chanvre et d'élargir son utilisation ne répond pas seulement à des critères socio-économiques. Car en y regardant de plus près, la poursuite de la culture du chanvre dans les montagnes du Rif est menacée. Le Maroc doit se conformer aux traités internationaux et subit des pressions extérieures régulières.

Le milieu associatif rifain tente tant bien que mal de promouvoir les usages du chanvre dans le secteur médical et industriel. Mais ce chemin vers une reconnaissance de la culture du chanvre est parsemé d'embuches. Le journal Le Monde s'est fait l'écho de la possible légalisation de la culture du chanvre par les autorités marocaines dans un article publié en 2013 (2). Selon l'auteur de cet article, le parlement de Rabat était sur le point de légiférer pour fixer un cadre à la production de cannabis à des fins médicinales et industrielles.

Cette légalisation pourrait clarifier le contexte de la culture du cannabis et ainsi permettre à cette activité agricole ancestrale de se pérenniser en toute quiétude. Ce serait également une réponse appropriée aux autorités françaises comme européennes qui demandent un contrôle étatique sur cette culture.

L'artisanat marocain se verrait alors enrichi d'une nouvelle facette d'activités en fabriquant des textiles ou des matériaux de construction à base de chanvre, et en voyant se développer une véritable économie légale dans le Rif marocain.

Sources

1 - Construire en chanvre - Par Antoine Bosse-Platière, terrevivante.org

2 - Le Maroc songe à légaliser la culture du kif - Par Isabelle Mandraud, lemonde.fr, 25/09/2013


Crédit photos

- Vue du Rif, commons.wikimedia.org

- Parcelle de chanvre à Chefchaouen, lemonde.fr, Crédits Rafael Marchante / Reuters

L'artisanat marocain, l'espoir du Rif

Au Maroc, chaque région, ou presque, voit fleurir un artisanat spécifique, reconnaissable au premier coup d’œil par les habitués. Du nord au sud, et d'est en ouest, les Berbères ont su créer, à partir de matières naturelles, tous les objets utiles au quotidien.

Le développement de l'artisanat marocain a été soutenu par les voies commerciales qui traversaient le Maroc. Les routes du commerce transsaharien, dont celle de Tombouctou empruntée par René Caillié en 1828, ont permis aux échanges de se développer dans les villes étapes comme Marrakech ou Fès. Dans ces cités commerciales, l'artisanat va connaitre un essor remarquable, dont nous sommes les témoins encore aujourd'hui.

Tapis Beni Ouarain

Si des créations artisanales des Berbères du Maroc se sont imposées dans la société européenne, puis un peu partout dans le monde, d'autres sont restées longtemps cloitrées dans l'anonymat. Le fameux tapis Beni Ouarain a connu un essor relativement tardif, niché dans des zones montagneuses difficiles d'accès, avant de s'imposer comme une référence.

Mais tous les artisans n'ont pas connu ce même succès. La région du Rif, au nord du Maroc, également isolée par les massifs escarpés, est en revanche restée en marge du commerce transsaharien. Son artisanat, confiné aux seuls villages berbères, n'a jamais réussi à prendre son envol.

La mauvaise réputation du Rif marocain ...

Le Rif s'étend sur le front septentrional du Maroc, longeant les cotes de la Méditerranée, depuis le littoral atlantique jusqu'à la frontières avec l'Algérie. Les villes les plus connues du Rif sont Tanger, Ceuta, Chefchaouen, Tetouan et Nador plus à l'est.

Dans sa partie la plus accidentée, le Rif voit des sommets montagneux dépasser les 2400 mètres d'altitude. C'est la zone la plus isolée du Rif, appelée le Rif central. Les habitants sont majoritairement berbérophones appartenant aux tribus des Berbères Rifains, Sanhaja et Jbalas.

C'est l'une des régions les plus défavorisée du Maroc. Les revenus sont souvent illicites, provenant de la culture historique du chanvre. Cette culture remonte au moins au Xe siècle, comme l'explique l'architecte allemande Monika Brümmer.

... Pourrait bien dessiner son avenir

Lors d'une interview donnée au média Huffpostmaghreb, elle rappelle le caractère endémique et le rôle économique et social de la culture du chanvre dans le Rif central marocain.

[...] le Senhaja est une zone historique pour la culture de chanvre, "une variété ancienne, avec la morphologie de Cannabis sativa y est cultivé depuis au moins le 10e siècle et a été historiquement utilisée à des fins industrielles, médicinales et récréatives., Monika Brümmer, Huffpostmaghreb. (1)

Cette architecte allemande est spécialisée dans les matériaux de construction naturels, travaillant dans la recherche sur les mortiers et bétons fabriqués à base de chanvre à l'Université de Grenade en Espagne. Sa présence dans le Rif central marocain augure d'un puissant levier économique qui pourrait bien voir le jour.

Il est question de recyclage de matières premières naturelles pour les destiner à devenir des matériaux de construction écologiques s'inscrivant dans la notion de développement durable. Cette architecte allemande peut se targuer d'avoir déjà réalisé plus d'une centaine de maisons construites à base de chanvre recyclé.

Cela pourrait constituer une véritable rampe de lancement pour l'économie rifaine qui en a tant besoin. La réhabilitation du chanvre dans un cadre industriel pourrait bien bénéficier grandement à l'essor d'un artisanat local qui a bien failli disparaitre pour toujours.

À suivre ...

Sources

1 - Adrar Nouh: La coopérative qui veut fabriquer des briques en cannabis dans le Rif Central - Par Camille Bigo, huffpostmaghreb.com, 25/05/2017


Crédit photos

- Idem

La valse des tapis Beni Ouarain

Sans aucun doute le tapis le plus courtisé de cette décennie, le tapis Beni Ouarain marocain n'en finit pas de repousser les limites de sa notoriété. Plus recherché que jamais, il pourrait frôler l'indécence, si son aura n'était aussi développée. Ce tapis en laine des femmes berbères du Maroc nous éblouit toujours plus.

Tapis Beni Ouarain

Les témoignages de nos clientes sont éloquents, au même titre, nous l'espérons, que ces photos de véritables tapis Beni Ouarain marocains noués à la main au Maroc. Nés dans l'intimité des villages berbères des Beni Ouarain, ces tapis en laine valent le détour, sous le ciel de Marrakech.

Tapis Beni Ouarain

La plupart d'entre nous est en quête d'un tapis Beni Ouarain le plus blanc possible. Nos vœux sont exaucés au delà de nos espérances, en contemplant ces joyaux du Maroc. Les tapis Beni Ouarain étant réalisés à partir de laine naturelle, on les trouve parfois dans des coloris légèrement vanillés. Plus rares sont les tapis Beni Ouarain dégagent une éclatante blancheur comme ici.

Tapis Beni Ouarain
Tapis Beni Ouarain
Tapis Beni Ouarain
Tapis Beni Ouarain

On aura pris soin d'apprécier l'épaisseur de ces tapis berbères tout autant que leur allure majestueuse. Le point de départ d'une belle aventure est promis à celles et ceux qui auront le privilège d’entreposer dans leur salon l'un de ces authentiques tapis Beni Ouarain du Maroc. La garantie d'une décoration d'intérieur des plus réussies.

Artisanat du Sud - Tapis Beni Ouarain

www.artisanat-du-sud.com

www.tapis-beni-ouarain.com

Derniers articles postés sur le thème Décoration. Suivre le flux Atom des articles.

Pour toute demande d'informations, contactez-nous.