De Tombouctou à Marrakech

René CailliéRené Caillié, alors âgé de 25 ans, a réussi à rejoindre la perle du désert. Il ne passera que quelques jours à Tombouctou, déçu par cette cité en ruine qu'il pensait être une cité éblouissante.

Cet article est la suite du "périple à Tombouctou de René Caillié"

Vêtu d'une djellaba comme un Arabe, musulman en apparence, caché des douaniers parmi les bagages pour franchir le lac Débo au Mali, il accoste en pirogue sur les rivages du fleuve Niger, au petit port de Cabra, à 20 km au sud de Tombouctou (1).

Désormais appelé Abdallahi, il se fond parmi les indigènes occupés à décharger les marchandises. Il partagera le repas avec des Arabes et dormira la nuit sur une natte.

Parvenu dans la cité de Tombouctou, René Caillié est saisi par l'aridité et les rues désertes. Seules des battisses en terre mal finies garnissent des ruelles sans arbres ni aucune végétation. Du haut d'une mosquée très ancienne, il prend des notes à loisir et décrit les environs de sable blanc à perte de vue. Ça et là, des arbrisseaux rabougris émergent du sable de manière disparate. Une caravane des Berbères se profile au loin dans le désert. Tout est calme, sans un seul cri d'oiseau.

Il fut bien accueilli par les Arabes, mais songeait déjà à repartir. Une occasion se présenta de traverser le désert pour remonter vers le nord, après un séjour de seulement deux semaine à Tombouctou. Bien que la vie dans cette cité du désert soit rude, dans une chaleur étouffante, rené Caillié parle de l'accueil chaleureux qu'il reçu de ses hôtes.

Il décrit une population affable aux manières douces, contrastant avec la rudesse du climat. Les visages sont empreints d'un calme religieux, dans un désert humanisé par la simplicité des relations et par l'aisance de son hôte.

Arrivée de voyageurs à Tombouctou, Mali

Ci-dessus, ce tableau du XIXe siècle représente l'arrivée de voyageurs dans la cité de Tombouctou.

Ceux avec lesquels René Caillié s’apprête à prendre la route vers le nord ne sont plus des Arabes mais des Touaregs berbères. Ces derniers rallient Marrakech à Tombouctou et les 300 lieues qui les séparent (environ 1500 km) deux fois par an. Ils effectuent ce voyage sur les pas de leurs ancêtres, endurcis au mal et ne se nourrissant que de riz cuit à l'eau, d'un peu de viande de chameau séchée et d'eau tiède.

Il prend la route le 4 mai 1828, la caravane s'ébranle tôt le matin. Trois jours de dromadaire suffisent à pénétrer au milieu des dunes de sable brulant. Il faudra encore trois jours de marche supplémentaire pour rejoindre El Arouan.

Désert du Sahara

Ces hommes qui bravent le vent brulant, la soif et les longues heures de marche, harassés, le font dans l'espoir de s'offrir un repos mérités pour leurs vieux jours dans les contrées verdoyantes de Barbarie. C'est ainsi que l'on appelait le pays des Berbères, au nord-ouest du Maroc.

Le musée du quai Branly Jacques Chirac propose actuellement une exposition consacrée à l'Afrique des routes, du 31 janvier au 12 novembre 2017. Cette exposition nous rappelle que les routes du commerce en Afrique, à travers le Sahara, remonte au Ve millénaire avant notre ère. En témoigne les nombreux objets sculptés en ivoire, les pièces d’orfèvrerie et autres objets présentés lors de cette exposition (2).


Au départ de Tombouctou, la caravane comptait 600 chameaux. Des commerçants de El Arouan vont se joindre à eux, rajoutant 800 chameaux de plus, accompagnés par 400 hommes. Ces chameaux ne sont pas en file indienne mais éparpillés dans la plaine comme le relate René Caillié.

Les Maures conduisent la caravane à travers les ondulations des dunes de sable, il n'y a pas d'eau ni la moindre végétation pendant des journées de marche. Les réserves en eau sont distribuées avec parcimonie.

Le village de Tafilalet, au sud-est du Maroc, marque les premières retrouvailles entre les Berbères de la caravane et leurs femmes et enfants restés au village. Après 14 jours de marche, la caravane traverse les sommets du Haut Atlas au Maroc, et retrouve de l'eau en abondance.

Tafilalet, Maroc

La traversée de l'Atlas effectuée, la caravane bifurque au nord en direction de Fès, laissant Marrakech sur leur gauche. L'arrivée à Fès sera un soulagement sans nom pour René Caillié. Il ne tardera pas à rejoindre Gibraltar puis la France.

Son périple est resté comme l'un des plus marquants pour des générations d'explorateurs de l'Afrique. Son courage et son habileté lui auront permis d'échapper à d'innombrables dangers. Il aura connu la soif, l'épuisement, la réalité des nomades du désert.



Sources

1 - Voyage d'un faux musulman à travers l'Afrique: : Tombouctou, le Niger, Jenné et le désert : à travers le continent noir, René Caillié, Eugène et Cie, Limoges, 1885, Gallica

2 - L'Afrique des routes, Exposition, Musée du quai Branly Jacques Chirac, Paris 7ème



Crédit photos

- René Caillié, via Wikimedia Commons

- Tafilalet, Maroc, via Wikimedia Commons

Artisanat du Sud - Tapis Beni Ouarain

www.artisanat-du-sud.com

www.tapis-beni-ouarain.com

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