Les Berbères au temps de la télédétection spatiale

Les Berbères occupent le massif de l'Atlas et les déserts situés plus au sud depuis des milliers d'années. Leurs ancêtres ont assisté aux débuts du lent processus de désertification du Sahara il y a 6000 ans. Une portion de l'histoire qui a sobrement disparu de nos connaissances actuelles. Fort heureusement, du Maroc à la Libye, et des rives de la méditerranée à celles du fleuve Niger, les Berbères ont figé leurs empreintes dans la pierre.

L'histoire de l'Afrique, comme celle des peuples africains dans l'antiquité, reste fort mal connue. Aucun livre ne relate l'histoire des peuples qui ont fréquenté le Sahara verdoyant, c'est trop ancien, antérieur à l'apparition de l'écriture. Ces civilisations semblent donc ne jamais avoir existé.

Dunes du Sahara dans le sud marocain
Dunes du Sahara dans le sud marocain

Les livres des auteurs anciens, grecs, arabes ou romains, semblent plutôt évoquer des légendes de nos jours. Des faits improbables ou difficiles à imaginer, dans l'antiquité au Sahara, sont débattus puis convertis de facto en légendes. Cette tradition perdure depuis plus de 2000 ans, suffisamment pour effacer la mémoire de ces peuples de l'antiquité.

Si la littérature ancienne n'est pas convaincante à elle seule, elle le devient si on lui adjoint les découvertes récentes. Les explorations scientifiques des régions reculées du Maroc ou de l'Algérie, comme du reste de l'Afrique, sont relativement récentes. En quelques décennies, les archéologues, les géologues puis la télédétection spatiale sont venus bouleverser nos connaissances sur le continent africain.

On dit que, dans le Sahara, les pierres parlent. Les pierres sont même très bavardes au sud du Maroc, en Algérie dans le Hoggar ou le Tassili, ou en Libye et en Tunisie. Elles racontent le passé de ces contrées mystérieuses. On y découvre une faune abondante, inscrite sur la pierre de la main des 'hommes. Ces régions, aujourd'hui arides et où le sable des dunes est brulant, ont anciennement accueilli des éléphants, antilopes, gazelles, fauves, crocodiles, et autres animaux aquatiques. Des squelettes de baleines, très anciens, ont même été retrouvés en plein cœur du désert.

Peintures rupestres du Sahara dans le sud libyen
Peintures rupestres du Sahara dans le sud libyen

Ces peintures rupestres, de la région de Tadrart Acacus en Libye, s'échelonnent de 12 000 ans av. J.-C. au 1er siècle de notre ère. Elles représentent des animaux comme les éléphants, les bœufs ou les girafes, et des chasseurs, reflétant les bouleversements climatiques qu'a connu cette région.

Ceux qui ont réalisés ces peintures rupestres côtoyaient ces bêtes sauvages à une époque lointaine, ancêtres des Berbères. Combien de squelettes d'animaux ensevelis sous le sable du désert ? Combien de vestiges de l'antiquité restent encore à découvrir sous le sable des dunes du Sahara ? Si l'on en croit les pierres qui parlent, nous ne connaissons quasiment rien ou si peu de ces civilisations anciennes. Nous avons encore tout à apprendre du passé glorieux de ce continent, berceau de l'humanité.

Lorsque les premiers égyptologues se son intéressés aux pyramides en Égypte au XIXe siècle, ils ont trouvé le sphinx de Gizeh à moitié ensevelis sous le sable. Déjà au Ve siècle avant J.-C. Hérodote mentionne les pyramides mais sans mentionner le sphinx, car il était probablement sous le sable. Thoutmôsis IV avait déjà fait désensabler le sphinx pendant son règne. Ce pharaon régna 1400 ans avant J.-C. il y a 3400 ans.

Le sphinx porte des traces d'érosion caractéristiques de l'érosion par l'eau. Il aurait donc été contemporain de l'époque où le désert recevait des pluies diluviennes. Avait-il des équivalents dans le Sahara ? Si c'est le cas, ils n'ont jamais été désensablés ni été signalés par personne.

Sphinx de Gizeh ensablé, Égypte, 1920
Sphinx de Gizeh en cours de désensablement en 1920, Égypte

Quelles surprises nous attendent sous le sable des dunes ? Le Sahara est le plus vaste des déserts chauds, occupant une superficie de 8 millions de km², équivalente à celles de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande réunies.

La diversité des paysages mêle les dunes de sable ou ergs, les déserts rocailleux ou regs, les massifs, les hamadas (plateaux rocheux cernés de falaises) ou encore les Chotts (dépressions recouvertes de sel), ancien lits de rivières et de lacs asséchés.

Jalonnée de mystères, cette terre des Berbères livre ses secrets à dose homéopathique. Les tribus berbères ont su immortaliser leur univers si secret sur la pierre, en léguant à la postérité leur témoignage d'un désert du Sahara grouillant de vie animale et végétale.

Nous avons exploré partiellement ces inscriptions au fil des articles du blog. Les antiques chars berbères au Maroc nous ont amenés à Taouz, un village ancien de l'Anti-Atlas au Maroc, dans les pas du préhistorien Alain Rodrigue. On y découvre une grande variété de peintures rupestres.au Maroc, mais pas seulement, qui s'étend du Maroc à la Libye.

Sahara verdoyant

Des lacs datant de l'antiquité ressurgissent du passé à l'ouest du Sahara, au sud du Maroc, dans ce mystérieux Sahara verdoyant. Ils se déversaient dans l'océan atlantique par de grands fleuves majestueux, dans ce qui est aujourd'hui le banc d'Arguin en Mauritanie.

Les découvertes archéologiques tendent même à réhabiliter les légendes berbères. Athéna la Tritonide, Reine berbère se rappelle à nos bons souvenirs. Cette déesse éponyme d'Athènes refait surface en même temps que l'antique fleuve Triton des Berbères, et le lac localisé dans les Chotts tunisiens.

L'histoire des peuples berbères se révèle lentement, mais les moyens d'investigations et de recherches se sont enrichis de la télédétection spatiale. Elle apporte un éclairage nouveau sur la géographie et le sous-sol du Sahara. Nous ne sommes pas au bout de nos surprises !

Les publications scientifiques se répandent, dévoilant le sous-sol du Sahara grâce aux images radars des satellites d'exploration de la terre. Des lits d’anciennes rivières du Sahara et leurs bassins versants sont découverts. Ces annonces pourraient paraitre sensationnelles si l'on ne connaissait pas déjà l’existence jadis d'un climat humide dans le Sahara.

Mémoire du néolithique en Afrique

Si l'histoire des Berbères refait peu à peu surface, au rythme des découvertes scientifiques, elle ne fait que confirmer souvent ce que beaucoup pressentaient. Certaines légendes berbères sont même réhabilitées.

Parmi les passionnés de tapis berbères, des collectionneurs avaient signalée l'analogie des formes géométriques des tapis Beni Ouarain avec l'art tribal ancien sur des artéfacts retrouvés au Maroc. Ils ont relevé des similitudes entre les losanges de ces tapis et les ornements de poteries datées de l'époque néolithique.

Les Géants blancs désignent les tapis Beni Ouarain chez les collectionneurs. Leur histoire les rattache directement avec le passé des tribus berbères de l'Atlas dans l'antiquité.



Crédit photos:

- Morning Moroccan Desert dune, via Wikimedia Commons

- Libya 4924 Pictograms Tadrart Acacus Luca Galuzzi 2007, via Wikimedia Commons

De l'Atlas à la source du Nil

Si le massif de l'Atlas, au nord de l'Afrique, regorge de mystères et de légendes, une ancienne croyance retient particulièrement l'attention. Elle nous fait basculer dans l'histoire antique du Maroc, à une époque où les explorations du continent africain étaient encore balbutiantes. Les connaissances géographiques émanaient des locaux, recueillies par quelques aventuriers téméraires. Celles des cours d'eau et de leurs sources restaient rudimentaires.

La présence de ces cours d'eau dans le Sahara, au sud du massif de l'Atlas, a bien été confirmée par les récentes découvertes scientifiques. Il aura fallu réunir de nombreux indices et recourir aux technologies les plus récentes (Lire l'article).

Au Vè siècle, Paul Orose, prêtre et apologiste, a écrit la première histoire universelle chrétienne, un ouvrage intitulé Histoires contre les païens (1). Inspiré par les connaissances admises à son époque, Paul Orose tient des propos pour le moins surprenants sur le fameux fleuve égyptien. Il situe la source du Nil dans le massif du Haut Atlas au Maroc. Le fleuve Drâa, au sud du Maroc, serait ni plus ni moins la source du Nil ...

Oasis de la vallée du Drâa, Ouarzazate, Maroc
Oasis de la vallée du Drâa, Ouarzazate, Maroc

Reprenant les propos de Pline l'Ancien, inspirés du récit du roi berbère Juba II de Maurétanie, Paul Orose énonce que « [...] le Nil prend sa source non loin du Mont Atlas, puis disparait subitement dans les sables, avant de réapparaitre pour former un immense lac. Obliquant vers l'Est, il s'écoule à travers le désert éthiopien en direction de l'océan, puis tournant une nouvelle fois sur sa gauche, descend en Égypte. [...] Près de sa source, les Berbères l’appellent Dara. D'autres l'appellent Nuchul. [...] Le fleuve s'écoule avant de rejoindre un immense lac situé chez les Libyo-Égyptiens, [...]. »

L'auteur précise que ces deux noms désignaient le Nil à l'origine, Nuchul étant l'équivalent berbère du Nil. Le terme Dara donnera son nom au fleuve Drâa qui descend des sommets enneigés du Haut Atlas marocain.

Massif de Tizi n'Tichka, Haut Atlas, Maroc
Massif de Tizi n'Tichka, Haut Atlas, Maroc

Le Nil (6650 km de longueur pour un bassin versant de 3,4 millions de km²) et le Dara (1100 km de longueur pour un bassin versant de 29500 km²) étaient les deux fleuves les plus prestigieux d'Afrique au début de l'ère chrétienne. L'immense fleuve Congo, avec ses 4700 km de longueur et son bassin versant de plus de 3,6 millions de km² (plus grand que celui du Nil), était alors inconnu. L'Afrique sub-saharienne était encore une Terra incognita dans le monde romain.

Le prestige du Nil a toujours été rattaché à son rôle majeur dans l'agriculture en Égypte. Les crues du Nil fertilisent les terres, les rendant aptes aux cultures. La richesse et le développement de l’Égypte antique reposaient essentiellement sur ces crues et le potentiel d'irrigation des eaux du Nil sur de grandes surfaces cultivées.

La longueur du Drâa aujourd'hui est six fois moindre que celle du Nil. Les crues dans la vallée du Drâa sont rares et plutôt violentes. Le débit du fleuve Drâa à son embouchure actuelle, de quelques dizaines de m3/s seulement, est largement inférieur à celui du Nil (6650 m3/s) (2).

Embouchure du fleuve Drâa, Foum Draa, Maroc
Embouchure du fleuve Drâa, Foum Draa, Maroc

L'envergure actuelle du fleuve Drâa est sans commune mesure avec celle du Nil. Dès lors, on peut s'interroger sur l'origine du prestige de ce fleuve dans l'antiquité. Si il est probable que ce prestige soit, comme pour le Nil, relié à l'impact positif sur l'agriculture, il faut alors admettre que ce fleuve avait une toute autre envergure.

En bifurquant à l'Est, le Drâa rejoignait-il le Sahara après avoir disparu dans les sables ? Dans l'affirmative, il aurait alors contribué au vaste réseau hydrographique du Sahara datant du paléolithique (3).

Le Drâa est un fleuve mystérieux qui apparait subitement au Sud-Est de Ouarzazate, collectant les eaux de plusieurs oueds dévalant les pentes du Haut Atlas. Il disparait dans les sables dans les environs de M'Hamid, aux portes du Sahara, pour ne réapparaitre à l'Ouest qu'à 50 km de son embouchure dans l'océan atlantique, à Foum Draa, au Nord de la ville de Tan-Tan.

Vallée du Drâa, Maroc
Vallée du Drâa, Maroc

Cependant, l'idée que le Drâa était la source du Nil reste une hypothèse largement contestée comme le rappelle Jean-Luc Pierre, professeur d’Histoire et géographie à Casablanca (4). Son argumentation repose sur des conclusions discutables avancées par les anciens pour désigner le Drâa comme la source du Nil. La présence de crocodiles dans le Drâa et le Nil auraient rapproché ces deux fleuves. L'existence d'un fleuve s'écoulant d'Ouest en Est au sud de la Libye l'aurait confondu avec le Drâa. La méconnaissance, dans l'antiquité, des territoires au Sud du Sahara auraient incité les géographes à chercher la source du Nil à l'Ouest plutôt qu'au Sud.

Ces arguments de bon sens n'apportent cependant pas de preuves irréfutables qui permettraient de rejeter l'idée d'une source du Nil à l'Ouest de l’Égypte, dans le massif du Haut Atlas. Et pour cause, les sources du Nil conservent un certain mystère encore aujourd'hui.

Si la source du Nil a été localisée en 1938 au Burundi, elle reste très incertaine à en croire Chantal Edel, auteur spécialisée dans les récits d'explorations. Dans son livre relatant les expéditions lancées à la recherche des sources du Nil, elle déclare que les sources du Nil constituent une énigme géographique insoluble (5).

L'hydrographie du Sahara, c'est à dire l'étude des lacs et des cours d'eau dans la Sahara, redessine son histoire et bouleverse nos connaissances. Le Sahara verdoyant est une suite d'épisodes humides dont le dernier n'est pas si lointain dans le temps. (Lire l'article)

Les nouvelles technologies permettent aujourd'hui de cartographier d'immenses zones géographiques grâce aux photos prises par les satellites. La télédétection radar va plus loin en cartographiant le sous-sol appelé aussi proche sub-surface. Elle repose sur l'analyse d'images satellite fournies par des radars imageurs.

RADARSAT-2
RADARSAT-2, satellite radar commercial canadien lancé en décembre 2007

Les images radars obtenues par satellite ont ainsi permis la découverte de structures géologiques et hydrologiques très anciennes sous les dépôts éoliens du Sahara Oriental.

Les cours des rivières du Sahara au paléolithique refont surface, enfouis sous les dunes de sable. Un immense réseau de fleuves, rivières et lac datant du Sahara verdoyant est peu à peu révélé par les scientifiques. Retrouvera-t-on la trace d'un fleuve prenant sa source dans l'Atlas pour rejoindre le Nil ?

À suivre ...



Sources

1 - Seven Books of History Against the Pagans - Paulus Orosius, Vth century - Google Books

2 - Liste des principaux fleuves - Wikhydro

3 - Ancient watercourses and biogeography of the Sahara explain the peopling of the desert - PNAS, Nick A. Drake, 2010

4 - Le Draâ ou les sources du Nil - Jean-Luc Pierre, Zamane, Mars 2013

5 - Les explorateurs des sources du Nil - Chantal Edel, article, Jérôme Dupuis, L'express, 24/08/2011



Crédit photos

- Oasis de la vallée du Drâa, Ouarzazate, Maroc

- Massif de Tizi n'Tichka, Haut Atlas, Maroc

- Embouchure du fleuve Drâa, Foum Draa, Maroc

- Vallée du Drâa, Maroc

- RADARSAT-2, Agence spatiale canadienne

Lixus, Maroc, une cité berbère de l'antiquité

Le nord de l'Afrique a accueilli des cités devenues célèbres dès l'antiquité. Située à l'extrémité occidentale du Maghreb, Lixus fait partie de ces villes fabuleuses, fondée plus de 300 ans avant Rome.

La cité antique de Lixus, au nord-ouest du Maroc, est connue comme une cité prestigieuse à l'époque des Phéniciens, qu'ils auraient fondée au XIIè siècle avant J.-C. (1). Bien que les fouilles archéologiques n'ont, jusqu'à présent, révélé des artéfacts que dans une période remontant seulement au VIIIè siècle avant l'ère chrétienne, le site de Lixus aurait été installé par les Berbères au cours du deuxième millénaire avant notre ère. La présence de populations berbères dans cette région est bien sûr avérée depuis des temps bien plus reculés.

Les auteurs anciens gréco-romains en parlent comme d'une cité africaine légendaire, plus étendue que la grande Carthage et bien antérieure à sa fondation.

Pline l'Ancien, un écrivain romain du 1er siècle, livre de nombreuses informations sur la Maurétanie Tingitane, dont il était contemporain, dans son œuvre d'Histoires naturelles.

Maurétanie Tingitane, Empire romainLa Maurétanie Tingitane était une province nord africaine de l'Empire romain. Elle apparait de couleur grenat sur cette carte de l'Empire romain au 1er siècle de notre ère.

Cliquer sur le carte ci-contre pour l'agrandir.

La cité antique de Lixus est décrite comme une cité légendaire par Pline l'Ancien. Ce serait à Lixus, au-delà des colonnes d'Hercule, qu'un épisode fabuleux se serait déroulé, selon les anciens, lié aux 12 travaux d'Hercule.

Détaillant l'Afrique du nord et les villes côtières du nord du Maroc sous l'empire romain, Pline l'Ancien évoque Lixos en ces termes:

[...] Lixos, dont l'empereur Claude a fait une colonie, et qui a été pour les anciens l'objet des récits peut-être les plus fabuleux: là fut le palais d'Antée et son combat avec Hercule; là furent les jardins des Hespérides (XI, 12).
- Histoires naturelles, Pline l'Ancien, Livre 5, (2).

Si la légende d'Héraclès (Hercule) remonte vers 1220 avant J.-C., et que l'hégémonie maritime des Phéniciens est rattachée à la décadence de l’Égypte antique vers 1100 avant J.-C., il est donc fort possible de dater au XIIè siècle avant J.-C. la présence des Phéniciens à Lixus (3).

Car les Phéniciens, libérés de la concurrence égyptienne, avaient alors la possibilité d'étendre leur relations de commerce jusqu'à la limite occidentale de la méditerranée, sur les cotes du Maroc actuel.

La ville de Lixus était une pêcherie servant à ravitailler la flotte phénicienne. Une activité ancienne de transformation des produits de la pêche est même signalée avec la production de garum. Il s'agissait d'une sauce de poissons à base de thon, maquereau ou anguille. Les plus raffinées de ces préparations se vendaient fort chères. Lixus et Tingi étaient les principaux ports africains produisant et exportant le garum (4).

C'était aussi une ville de commerce de denrées agricoles, notamment l'huile d'olive. Elle était placée sur un promontoire surplombant un estuaire marin sinueux.

À marée haute, une île de l'estuaire restait visible, sur laquelle se trouvait un autel d'Hercule. L'écrivain romain localise sur cette île un bois d'oliviers sauvages, seuls vestiges du bois qui produisait les pommes d'or du jardins des Hespérides. (Lire l'article)

La contrée était verdoyante, traversée de fleuves majestueux et navigables, comme décrits par Pline l'Ancien. L'écrivain mentionne le magnifique fleuve Subur, à 50 000 pas de Lixus, qui longe Banasa. Ou le fleuve Sala qui passe près de la ville du même nom, voisine du désert, infesté de troupeaux d'éléphants.

Les terres intérieures restaient méconnues des Phéniciens, seul le massif de l'Atlas, se dressant au loin, était signalé par sa stature. Ces territoires inconnus et inhospitaliers étaient peuplés des seules tribus berbères.

L'essor le plus notoire de la ville de Lixus va se produire sous l'empire romain au 1er siècle, avec l'ouverture des routes commerciales vers les pays d'Europe (Espagne, France, Italie, Grande-Bretagne et Allemagne actuelles). Les marques de produits vont même être retrouvées sur des amphores romaines mises à jour dans chacun de ces pays (5).

L'huile d'olive, le passum (un vin africain très recherché à Rome), le vinum cibarium (vin africain de moindre qualité) ainsi que les produits issus de la transformation du poisson quittaient Lixus par bateaux dans des outres et des tonneaux. Ces denrées étaient transvasées dans des amphores dans des comptoirs romains puis transportées vers l'Europe.

Marque, LexusParmi les marques retrouvées, figure le Cordula Lixitania (Thon de Lixus), le Cordula Lixitana Arguta Vetus (Thon fin vieilli de Lixus), le Cordula Portensis Lixitana Vetus (Thon vieilli du port de Lixus) ou encore le Cordula Lixitana Vetus (Thon vieilli de Lixus).

Au total, l'équivalent de 250 000 amphores était expédié chaque année depuis le port de Lixus pour ces seuls produits, ce qui faisait de Lixus le plus grand port de commerce de l'antiquité en Afrique.

Fidèles à leur renommée de bâtisseurs insatiables, les Romains élevaient partout des ponts, édifices, thermes, amphithéâtres, aqueducs ou barrages qui nécessitaient d’importantes quantités de briques et de tuiles. Elles étaient fabriquées principalement à Lixus et Tingi.

La dynamique des cultivateurs et des artisans berbères était en marche, révélant aux européens toutes les richesses des cotes occidentales de la Maurétanie Tingitane, l'actuel Maroc.

Lixus fut une plaque tournante du commerce entre l'Afrique intérieure et l'Empire romain, préfigurant ou bénéficiant des routes commerciales vers Tombouctou.



Sources

1 - Sites Antiques, Lixus, Site du Ministère de la Culture, Royaume du Maroc

2 - Histoires naturelles, Livre 5, Pline l'Ancien, 1er siècle ap. J.-C.

3 - Lixus et Gadès. Réalité et idéologie d'une symétrie, article, El Mostafa Moulay Rchid, 1989,

4 - Garum, article, Tore Kjeilen,

5 - L'Histoire des marques depuis l'antiquité jusqu'au moyen âge, Salvatore Di Palma, Broché, 2014,



Crédit photos

- Ruines de Lixus, Photo by Tore Kjeilen/LookLex

- Carte, Maurétanie Tingitane, Empire romain, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Ruines romaines en pays berbère

Au IIIè siècle avant notre ère, le pourtour méditerranéen passe progressivement sous contrôle romain. C'est au cours de cette période agitée que la Gaule transalpine voit le jour, marquant l'extension de l'empire romain en Europe occidentale. Au nord de l'Afrique, un scénario identique se déroule en territoire berbère de manière simultanée.

La cité de Volubilis, dans la région de Meknès au Maroc, témoigne de ce passé romain des Berbères pas si lointain. Il s'agit d'un site archéologique majeur au Maroc, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. De nombreuses fouilles archéologiques ont déjà eu lieu sur ce site antique de 40 hectares, mais la cité n'a pas encore livré tous ses secrets.

L'histoire de ce site au cours de l'antiquité se perd dans les brumes du temps. Depuis près d'un millénaire, à l'arrivée des Romains, les Berbères cohabitaient déjà avec les Phéniciens, depuis environ 1100 avant J.-C., dans la fameuse civilisation antique punique ou carthaginoise. Les Phéniciens avaient eux-mêmes bâti leur cité sur un site berbère occupé depuis le néolithique.

Comme tout ce qui touche à l'histoire des Berbères au cours de l'antiquité, les sources écrites sont rares. L'origine de la cité de Volubilis n'échappe pas à la règle. Cette cité urbaine aurait éclos seulement au IIIè siècle avant J.-C. sous l’impulsion punique, avant de s'émanciper et atteindre une superficie de 40 hectares sous l'empire romain.

Le nom berbère de Volubilis serait Walili ou Oualili. Cette cité berbère existait bien avant les Phéniciens, et son édification est sans conteste bien antérieure. Les Berbères à l'ouest de l'Atlas avaient migré dans l'archipel des îles Canaries environ 3000 ans avant J.-C. pour constituer le peuple berbère des Guanches (Lire l'article).

Cette présence des Berbères sur les cotes marocaines est attestée très tôt dans l'antiquité. La fondation de la cité phénicienne, et à fortiori de celle de Oualili, a en tout cas précédé la fondation de la grande cité africaine de Carthage. Il faudra certainement attendre encore des années avant que l’histoire de ce site ne soit clairement établie.

En observant les alentours du site de Volubilis, il est aisé de deviner que les Berbères ont été attirés très tôt par la situation géographique et le climat de cette vallée verdoyante. La cité berbère très ancienne de Oualili était probablement contemporaine de l’Égypte antique.

Ce passé pourrait sembler effacé à tout jamais, si des indices ne venaient pas rappeler l'origine berbère de la cité de Volubilis.

Parmi les vestiges romains mis à jour dans les ruines de la cité, figurent des représentations éloquentes sous forme de mosaïques. Par l'intermédiaire de la mythologie romaine, bien conservée, rejaillit celle plus discrète des berbères.

Mosaïque, site de Volubilis, MarocL'une de ces mosaïques à Volubilis représente le char d'Amphitrite, une divinité de la mythologie grecque. Dans l'Odyssée, Homère la présente comme une divinité de la mer, maitresse des monstres marins.

Hésiode en fait le femme de Poséidon, dieu de l'océan d'origine berbère, habituellement représenté avec son triton (Lire l'article). Leur union donna naissance à Triton.

C'est au bord du lac Triton que Pallas et Athéna sont nées et ont grandi. Athéna la tritonide, reine berbère, deviendra le déesse Minerve et rejoindra les Dieux de l'Olympe (Lire l'article).

Par syncrétisme, les Romains se sont accaparés les mythologies plus anciennes, celle des Grecs, elles-même inspirées de la mythologie berbère. On le constate une fois de plus, les Berbères sont intimement rattachés à la mer.

Le char d'Amphitrite rappelle étrangement les chars berbères à quatre roues de l'antiquité, retrouvés sur des peintures et gravures rupestres au sud du Maroc (Lire l'article).

Si les Berbères de l'antiquité n'ont pas légué de livres à la postérité, leurs écrits sont restés gravés dans la pierre. Les fouilles archéologiques au Maroc et dans l'ensemble du Maghreb font ressurgir une histoire ancienne que beaucoup avaient considéré un peu hâtivement comme de simples légendes.

Il nous aura suffit de contempler une mosaïque des ruines romaines de Volubilis pour accéder au passé florissant des Berbères. Un passé que l'on survole avec délectation sur ce blog, sous le charme des peuples anciens de l'antiquité peuplant le pourtour méditerranéen, auxquels appartenaient les Berbères.





Crédit photos

- Ruines de Volubilis, via Wikimedia Commons

- Site de Volubilis, via Wikimedia Commons

- Alentours de Volubilis, via Wikimedia Commons

- Mosaïque de Volubilis, via Wikimedia Commons

Un tapis Beni Ouarain à Bangkok

Après de nombreuses destinations toutes plus exotiques les unes que les autres, c'est en Thaïlande qu'a atterri récemment un tapis Beni Ouarain de la boutique en ligne.

L’horizon des tapis Beni Ouarain s'élargit toujours plus, depuis son berceau en Afrique du Nord, sur tous les continents, comme ici en Asie du Sud-est, à Bangkok, sur la rive gauche du fleuve Chao Phraya.

Tapis Beni Ouarain à Bangkok

De Marrakech à Bangkok, de la Cité ocre à la Cité des anges, le tapis aura effectué un long voyage en avion, depuis le Maroc et jusqu'en Asie du Sud-Est.

Décoré de losanges à traits épais, nichés dans un cadre double, ce tapis Beni Ouarain de 220 x 370 cm a été fabriqué à la main au Maroc.

Il est constitué à 100% de laine naturelle pour une épaisseur de 3 cm, fidèle à la tradition des tapis berbères en laine du Moyen Atlas marocain.

Comme on peut le voir sur la photo du salon, exposé devant une baie vitrée, ce tapis se couvre d'une belle blancheur caractéristique des tapis Beni Ouarain.

On le retrouve ici dans son salon, vu sous un autre angle. La lumière pénétrant dans le salon donne au tapis un aspect blanc profond, les traits brun-noirs apparaissant presque noirs.

Tapis Beni Ouarain à Bangkok

Cet intérieur coloré est à l'image de la ville de Bangkok, qui brille de mille feux même la nuit. Les couleurs se marient très bien avec le blanc et le noir du tapis. Sa blancheur rehausse par contraste l'éclat des couleurs du salon. L'ensemble reste harmonieux en proposant une ambiance conviviale.

On remarquera au passage que la couleur bleu roi accompagne une fois de plus à merveille un tapis Beni Ouarain.

Tapis berbère Beni Ouarain dans un salonC'était déjà le cas dans le salon d'une cliente au cœur du vignoble angevin, dont les photos ont été publiées il y a seulement quelques jours sur le blog.

(Cliquer sur l'image pour lire l'article)


À Bangkok comme dans la campagne française du Maine et Loire, un tapis Beni Ouarain met en valeur un salon, laissant la vedette aux couleurs vives qui l'environnent, comme pour mieux se fondre dans son nouvel intérieur.


Les photos du salon ont été publiées sur le blog avec l'aimable autorisation de leur propriétaire à Bangkok.



Crédit photos

- Vue panoramique de Bangkok la nuit - commons.wikimedia.org




Tapis Beni Ouarain sur-mesure des femmes berbères

Tapis Beni Ouarain sur-mesureLa tradition des tapis berbères en laine reste bien ancrée dans le Moyen Atlas marocain. La fabrication des tapis Beni Ouarain est une activité phare qui occupe les femmes berbères pendant de longues journées. Leur savoir-faire brille de mille feux, attirant les amateurs de ces tapis d'une qualité supérieure.

Si la boutique en ligne propose une offre élargie de tapis berbères Beni Ouarain fabriqués main selon la tradition, elle ne réunit pas toutes les tailles. Ce tapis a donc été réalisé sur commande en 360 x 300 cm .

Le design, la blancheur, la qualité de la laine naturelle et l'épaisseur du tapis sont encore au rendez-vous avec ce tapis Beni Ouarain sur-mesure des femmes berbères. Inspiré d'un tapis Beni Ouarain de grandes dimensions, ce tapis conserve la même harmonie et le même équilibre.

Tapis Beni Ouarain sur-mesure


Conçu selon le schéma traditionnel, ce tapis berbère arbore des franges sur une seule extrémité du tapis. La finition est parfaite, les nœuds sont denses et le cachet des tapis Beni Ouarain fait des merveilles une nouvelle fois.

Tapis Beni Ouarain sur-mesure


Fait main en laine naturelle par les femmes berbères, ce tapis blanc d'une belle qualité a depuis rejoint la Corse-du-Sud et la ville de Ajaccio depuis Marrakech.

Ce tapis berbère de haute tradition s'est envolé pour un autre lieu de tradition où flotte une tête de Maure, sur l'île de beauté. La Corse du Sud et Ajaccio symbolisent la douceur de vivre, où le temps prend son temps, où même les ânes et les cochons sauvages traversent les routes étroites, dans les collines voisines, avec nonchalance.

Vue d'Ajaccio, Corse-du-Sud

Le nom "Ajaccio" viendrait du toscan agghiacciu (enclos à brebis). Les bergers corses sont en effet l'un des emblèmes traditionnels de l'île de beauté.

Moutons, Corse-du-SudLes troupeaux de moutons et de chèvres arpentent les parcours des reliefs corses, le pastoralisme est présent en Corse comme dans l'Atlas, mais la tradition des tapis en laine reste bel et bien une spécialité des Berbères du Maroc atlassique.


Crédit photos

- Vue d'Ajaccio. commons.wikimedia.org

La fabrication des tapis berbères Beni Ouarain

Tapis Beni Ouarain sur un métier à tisserPar tradition au Maroc, dans le massif du Moyen Atlas, les maisons possèdent leur métier à tisser. La laine travaillée à la main fournit les djellabas, les couvertures, les pulls et les bonnets marocains.

Mais les tapis berbères en laine naturelle gardent le haut du pavé. Ils sont la fierté des femmes berbères, identifiables au premier coup d’œil, auréolés d'une renommée qui a depuis longtemps franchi les frontières.

Retrouvez ces fameux tapis dans l'antre des femmes berbères, avant que le tapis ne soit retiré de son métier à tisser. Toute la légende de ces tapis d'un autre temps s'écrit sous vos yeux. À l'abri des regards, dans les villages du Moyen Atlas, c'est dans un relatif anonymat que les femmes berbères s'affairent à leur tache. Elles donnent naissance à de toujours somptueux tapis Beni Ouarain.




Tapis berbère Beni Ouarain écologiquement design

Un tapis berbère Beni Ouarain design, conçu au gré des fantaisies, est souvent l'apanage des femmes berbères ou des designers. Il arrive que le design soit l’œuvre d'une amatrice passionnée de tapis berbères, où la singularité du design du tapis rompt avec les standards habituels que l'on rencontre chez les tapis Beni Ouarain du Maroc.

Il va sans dire que ce tapis a été fait sur mesure, ce cachet décoratif étant absent des décorations des tapis berbères traditionnels du Moyen Atlas marocain.

Tapis berbère Beni Ouarain design
Tapis berbère Beni Ouarain design

C'est sur la base d'un schéma au crayon que les femmes berbères ont commencé à nouer ce tapis de 230 x 250 cm. La laine utilisée est entièrement naturelle, de couleur blanche et noire. Les femmes berbères opèrent machinalement, sans règle ni compas, positionnant les traits noirs au feeling.

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La qualité du tapis sera une fois de plus remarquable, avec des nœuds denses parfaitement ajustés. Le tapis offre des reflets lumineux sous les rayons du soleil de Marrakech. Sa laine blanche et épaisse est caractéristique des tapis berbères marocains. Le tapis est doux et moelleux au toucher, traditionnel avec ses franges placées sur une seule extrémité.

Son passage à Marrakech aura été de courte durée. Tout juste descendu des contre-forts du Moyen Atlas, le tapis prend déjà la direction de la Belgique. Bruxelles sera sa destination, rejoignant son salon dans une charmante ruelle jouxtant le Bois de la Cambre.

Bois de la Cambre, Bruxelles, Belgique
Bois de la Cambre, Bruxelles, Belgique

Le Bois de la Cambre est un magnifique parc naturel boisé au sud de Bruxelles. C'est l'espace vert préféré des Bruxellois. Son aménagement à l'anglaise repose sur des irrégularités des voies et des plantations, afin de reproduire la nature.

Par analogie, les tapis berbères reposent aussi sur des irrégularités des traits décoratifs. Ils affichent la même proximité avec la nature, mais pas seulement dans les formes. Si le Bois de la Cambre a été conçu pour ressembler à la nature, le tapis berbère est la nature. Il est constitué de laine, une matière première naturelle renouvelable, parfaitement écologique aussi dans sa fabrication, ne faisant appel qu'aux mains expertes des artisans, hommes et femmes berbères.

Berger dans le haut Atlas, Gérard Boukhezer
Berger dans le Haut Atlas, © Gérard Boukhezer, huile sur toile

Cette proximité des Berbères avec la nature n'est pas nouvelle. Elle remonte très loin dans le temps, et explique notamment l'origine très ancienne des tapis berbères. Reposant sur la pastoralisme, l'élevage des moutons au Maroc est totalement intégré à la nature. Les parcours du Moyen Atlas ne sont ni ensemencés ni traités avec des produits de synthèse. L'abondance des ressources varie au gré des saisons et du bon vouloir de Dame Nature. Tout simplement.

Cette même simplicité se retrouve chez les tapis berbères Beni Ouarain, fabriqués à partir d'une matière naturelle renouvelable et du savoir-faire artisanal des Berbères. La notion (très ancienne) de développement durable a fait l'objet de nombreuses réflexions ces dernières années. Des commissions se réunissent sans fin pour définir le cadre du développement durable et sa mise en œuvre.

Laveuses au bord de l'oued, Gérard Boukhezer
Laveuses au bord de l'oued, © Gérard Boukhezer, huile sur toile

Il suffit pourtant d'observer le mode de vie des peuples anciens, comme les Berbères, et de le comparer au nôtre aujourd'hui, pour discerner une certaine inadéquation. Il serait temps d'admettre que la notion de développement durable, de nos jours, n'est au fond qu'une illusion. On ne pourra plus que l'effleurer sans jamais l'atteindre vraiment. Les Berbères, depuis longtemps, avaient pourtant montré la voie avec les tapis et l'artisanat par exemple.

Sachant cependant qu'il est préférable de se rapprocher de la notion de développement durable, plutôt que de s'en éloigner, alors l'acquisition d'un tapis berbère Beni Ouarain devient un geste très écologique. Cette digression, née du Bois de la Cambre à Bruxelles, nous aura ainsi amené à honorer l'histoire des Berbères et à finir sur cette belle conclusion.


Crédit photos

- Bois de la Cambre, Bruxelles, Belgique. commons.wikimedia.org


Des tapis berbères Beni Ouarain sur-mesure comme si il en pleuvait


Tapis berbère Beni Ouarain, métier à tisserVous aimeriez vous faire une idée de la fabrication d'un tapis berbère au Maroc. Cet article est l'occasion de pouvoir enfin découvrir un tapis Beni Ouarain sur son métier à tisser.

Sur les contre-forts du massif du Moyen Atlas, les femmes berbères œuvrent sur des métiers à tisser spécialement aménagés pour la fabrication des grands tapis Beni Ouarain, dont le poids peut dépasser 40 kg.


Tapis berbères Beni Ouarain sur-mesureUn grand tapis berbère Beni Ouarain sur mesure de 360 x 260 cm fait main par les femmes berbères au Maroc. La qualité Beni Ouarain en image, étalant tout le savoir-faire des tisseuses berbères.


Tapis Beni OuarainBien que ces tapis n'ont pas tous été faits sur-mesure, découvrez de grands spécimens Beni Ouarain entièrement fabriqués à la main, authentiques du Maroc.





Artisanat du Sud - Tapis Beni Ouarain

www.artisanat-du-sud.com

www.tapis-beni-ouarain.com

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