Tapis Beni Ouarain de couloir

Tapis berbère Beni OuarainNous sommes plutôt habituées aux Grands tapis Beni Ouarain régulièrement proposés dans la boutique en ligne.

Leurs dimensions nécessitent de grands espaces, dans un salon comme dans une salle à manger.

Un Grand tapis Beni Ouarain fabriqué à la main est assez fréquent au Maroc, mais c'est moins le cas pour un tapis Beni Ouarain destiné à un couloir. Pour les femmes berbères Beni Ouarain, cela ne représente aucune difficulté que de confectionner un tapis de taille inhabituelle.

Une fois n'est pas coutume, le tapis Beni Ouarain que nous vous présentons ici est un tapis de couloir aux dimensions de 70 x 560 cm. Inspiré d'un tapis Beni Ouarain "classique", il porte les ornements en losanges traditionnels des Beni Ouarain.

Tapis Beni Ouarain de couloir

La fabrication à la main de ce tapis Beni Ouarain sur-mesure aura nécessité un mois de travail et 12 kg de laine naturelle. Sa couleur blanche éclatante est totalement naturelle.

Ce tapis a été réalisé sur mesure, à la demande d'une cliente passionnée par les tapis Beni Ouarain du Maroc pour leur laine épaisse et dense.

La blancheur naturelle de la laine, l'épaisseur du tapis et la densité des nœuds font notre réputation. Nos clients l'ont déjà constaté depuis longtemps, et nous le rappellent régulièrement.

L'une de nos clientes, habitant la France, nous envoyait ce message il y a peu de temps, après avoir réceptionné son tapis Beni Ouarain:

"Bonjour, j'ai reçu hier soir le tapis que j'avais commandé précédemment et je voulais vous dire qu'il est absolument magnifique et que je suis très heureuse de cette commande.
Je souhaiterais en commander un deuxième mais cette fois tout blanc. Vous en avez un proposé sur le site mais les tailles ne correspondent pas. Il m'en faudrait un de 3 m / 3,50 m."

Un tapis tout blanc, comme un hommage à la blancheur des tapis Beni Ouarain, a donc été réalisé:

Tapis Beni Ouarain blanc uni

Après cinq semaines de travail, ce tapis blanc uni est prêt, fraichement sorti de l'atelier. Ses dimensions sont de 300 x 370 cm pour une surface de 11 m² et 34 kg de laine blanche naturelle. Il aura occupé deux artisans des Beni Ouarain pendant plus d'un mois. Fruit d'un travail d'une immense patience, ce tapis est en tout point remarquable par sa qualité de finition.

Tapis Beni Ouarain blanc uni

En contemplant le résultat, on ne peut pas espérer une meilleure qualité. Le soin particulier apporté à la confection de ce tapis produit une qualité sans égal, comme seul le travail manuel est en mesure d'en proposer.



Tapis Beni Ouarain blanc uniSi ces tapis sont aussi remarquables par leur finition que par la qualité de la laine, c'est que leur origine remonte très loin dans le temps. Ils sont issus d'une longue tradition du tissage des tapis chez les berbères des Beni Ouarain.

L'histoire et l'origine de ces tapis à laine dense et épaisse ont été retracées dans un dossier spécial agrémenté de photos. C'est au cœur du Moyen Atlas au Maroc que commence ce récit, en compagnie des moutons chers au pastoralisme berbère ... (Lire l'article)

Boutique en ligne de tapis Beni Ouarain

Tapis Beni OuarainRetrouvez les tapis Beni Ouarain des Berbères du Maroc dans notre boutique en ligne.

Accédez à tout le savoir-faire des Berbères dans l'art du tissage des tapis en laine. Des tapis de la meilleure qualité, 100% laine naturelle, faits main dans les villages du Moyen Atlas au Maroc.

Le berceau africain des Berbères

Si l'empreinte des Berbères est partout au Maroc, aussi profonde soit-elle, la culture berbère reste pourtant relativement méconnue du grand public. L'ombre des Berbères plane sur le Maroc, comme chacun peut l'observer en y séjournant.

Les guides touristiques mentionnent les Berbères Almohades puis les Almoravides qui ont bâti et façonné la cité de Marrakech il y a 1000 ans. Les visiteurs au Maroc découvrent le thé berbère. Les souks regorgent d'artisanat berbère. L'art des tapis marocains est rattaché aux Berbères.

Le terme berbère est omniprésent, s'affichant comme un label de qualité. On parle des Berbères de l'Ourika, de ceux de l'Atlas ou de Essaouira. La mention géographique est importante ici, tant les Berbères ont coutume de considérer que leurs ancêtres sont originaires de la même région que celle où ils habitent aujourd'hui.

Sidi Bouzerktoun dit (Moula Dourein) Jacques Majorelle vers 1938
Sidi Bouzerktoun dit (Moula Dourein), Jacques Majorelle (vers 1938)

Mais savons-nous réellement qui sont les Berbères, si populaires au Maroc, et d'où ils viennent ? La question a été abordée à de nombreuses reprises par des historiens et des archéologues. Des origines diverses leur ont été attribuées, parmi lesquelles une origine celte, proche-orientale et même atlante.

Des influences multiples

En effet, on a déjà vu que Hérodote, un historien grec ancien, rattachait les peuples du massif de l'Atlas aux Atlantes. (Lire l'article)

Cette foison d'origines atteste de la diversité du peuplement berbère en Afrique. Mais les récentes découvertes archéologique à Taforalt (nord est du Maroc) et dans l’extrême sud marocain semblent indiquer une origine nord africaine des Berbères.

Grotte des pigeons, Taforalt, Maroc

La grotte des pigeons, à Taforalt au Maroc, a révélé une extraordinaire collection de coquillages utilisés comme parures, et datés de 82 000 ans avant notre ère.

Cette trouvaille archéologique a été relatée en juin 2007 par une équipe de chercheurs du CNRS. Cette équipe pluridisciplinaire, sous la direction d'Abdeljalil Bouzouggar, chercheur à l'INSAP au Maroc, réunissait des chercheurs des universités de Oxford, Bordeaux et Paris.

Dans un communiqué de presse (1), le CNRS caractérise ces parures ornementales comme étant les plus anciennes jamais découvertes.

Il rappelle que le monde scientifique a longtemps considéré que les plus anciennes parures remontaient à 40 000 ans avant notre ère en Europe et au Proche-orient. Cette découverte a donc bouleversé les dogmes établis. Une culture matérielle symbolique aurait ainsi existé en Afrique du Nord bien plus tôt qu'en Europe, au sein de la civilisation ibéromaurusienne.

C'est de cette civilisation ibéromaurusienne dont seraient issus les ancêtres les plus lointains des Berbères, les Mechtoïdes.

Ce dédale des origines des Berbères a été exploré par Julie Chaudier, journaliste indépendante à Casablanca, dans un article paru cet été sur le portail du Maroc Yabiladi (2).

En préambule, la journaliste rappelle que le peuple berbère n'a jamais fourni d'indications précises sur ses origines, reprenant les propos de Salem Chaker, spécialiste de la linguistique berbère.

Alors que les Romains évoquaient des races indigènes en Afrique du Nord au Vè siècle avant J.C., les Lybiens et les Gétules, les conquérants arabes allaient, au IXè siècle, attribuer aux Berbères une origine palestinienne.

Cette dernière théorie sera reprise au XIXè siècle par Ibn Khaldoun, célèbre historien et diplomate arabe. Il fait des Berbères les descendants de Mazigh, de la lignée de Canaan, petit-fils de Noé.

La présence française en Afrique du Nord produira une nouvelle théorie. S'appuyant sur les travaux d'un interprète, l'archéologue français Alexandre Bertrand verra une similitude entre les dolmens celtes et des monolithes observés en Algérie, dans la région de El Guerrah. Il va attribuer aux Berbères une influence voir une origine celtique.

L'origine nord-africaine des Berbères

Si il est vrai que le Maroc a longtemps été un carrefour de civilisations entre le nord et le sud, on peut raisonnablement penser que de multiples influences se sont exercées dans la partie méridionale de l'Afrique du Nord. Sans laisser forcément augurer d'une origine autre que nord-africaine aux Berbères.

Julie Chaudier note que des influences multiples pouvaient aussi provenir du Proche et du Moyen-orient, comme de l'Afrique de l'Est et de l'Afrique sub-saharienne. Mais elle mentionne à juste titre que, aussi loin que les archéologues ont pu remonter dans la préhistoire nord-africaine, une présence humaine a toujours été attestée.

Tumulus à antennes, Oued Chbika, Maroc

Les pentures rupestres de l’extrême sud marocain, tout comme les Tumuli repérés en amont de l'oued Chbika, dans la province de Tan Tan au Maroc, témoignent de la présence des Mechtoïdes très au sud.

Cette immense région du sud marocain a très certainement reçu une influence sub-saharienne, à une époque ou le Sahara était verdoyant. Les nombreux échanges commerciaux et culturels ont certainement façonné en partie cette population des ancêtres des Berbères.

Lire l'article sur le blog à propos du mystérieux Sahara verdoyant.

Le mot de la fin revient à Salem Chaker, qui conclue à une origine purement nord-africaine des Berbères. Il admet cependant que les Mechtoïdes, les ancêtres les plus anciens du peuple berbère, sont déjà des peuples mixtes. Mais les recherches archéologiques récentes au Maroc et en Algérie rétablissent des fondements qui avaient été longtemps méconnus ou ignorés.

Les habitants du nord de l'Afrique, depuis la préhistoire, sont bel et bien les ancêtres africains des Berbères. Ces peuples ont accueilli et assimilé des vagues de migrants, comme dans toutes les régions du monde, et notamment le sud de l’Europe et le nord de l'Afrique. Mais le berceau africain des Berbères est indéniablement le Maghreb et les régions avoisinantes. Cela ne fait plus aucun doute dans l'esprit des chercheurs aujourd'hui.

Sources

1 - Découverte de parures parmi les plus anciennes au monde - CNRS, 6 juin 2007

2 - Le dédale des origines amazighes - Julie Chaudier, Yabiladi, 28/07/2016


Crédit photos

- Tableau de Jacques Majorelle (vers 1938). Rivages d'Essaouira

- Grotte des pigeons, Taforalt, Maroc. Le dédale des origines amazighes

- Vues aériennes des monuments à antennes, Oued Chbika, Maroc. Vues Aériennes des monuments à antennes

La blancheur de la laine des tapis Beni Ouarain

Parmi les critères de sélection d'un tapis berbère Beni Ouarain, la couleur de la laine est souvent primordiale. Selon la décoration, le choix pourra porter sur un tapis beige clair ou plutôt sur un tapis blanc.

Ces deux teintes réunissent chacune de nombreuses variantes de couleurs, si bien que tous les tapis Beni Ouarain pourraient être blancs ou beiges. Pour s'assurer de la couleur blanche de la laine du tapis qui conviendra au style décoratif que l'on recherche, voici quelques tapis Beni Ouarain dévoilant leur blancheur.

Tapis berbère Beni Ouarain

Si les deux teintes proposent de magnifiques tapis Beni Ouarain, la tendance est toutefois plus tournée vers les tapis Beni Ouarain blancs. Des nuances apparaissent inévitablement, tant sur la couleur de la laine, ivoire, albâtre, écrue ou blanc cassé, que sur sa brillance.

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Dans tous les cas, l'éclairage du tapis est un facteur déterminant pour sa couleur apparente. Si la lumière jour un rôle aussi important, c'est du à la structure même des fibres de laine, mais aussi à la notion de couleur blanche.

Comment définir une couleur blanche ?

Lorsque nous prenons des photos des tapis Beni Ouarain proposés en ligne, nous essayons de privilégier les moments de la journée où le soleil perce dans la médina de Marrakech. La couleur du tapis sera plus éclatante. Elle sera plus proche de la véritable couleur que prendra le tapis dans un salon doté d'une baie vitrée laissant passer la lumière.

Vous aurez sans doute noté que les tapis sont souvent partiellement inondé de soleil sur nos photos, une partie du tapis restant dans l'ombre. Ce double éclairage n'est pas innocent. Il permet de mieux se rendre compte des nuances de blancs du tapis en fonction de la lumière reçue.

Tapis berbère Beni Ouarain

L'angle d'inclinaison de la prise de vue par rapport au tapis impacte également la couleur blanche. Une photo prise à la verticale du tapis donnera un blanc toujours plus éclatant. C'est la couleur blanche que verra une personne debout sur le tapis.

Une photo prise avec la même lumière sous un angle d'environ 30 degrés montrera le tapis sous une couleur moins éclatante. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle nous essayons toujours de proposer différentes vues d'un même tapis dans la boutique.

En colorimétrie, le blanc est défini comme la valeur de gris la plus lumineuse. C'est pourquoi la couleur blanche des tapis berbères Beni Ouarain sera toujours plus éclatante à la lumière naturelle. Il s'agit ici d'un critère fondamental bien connu des décoratrices et décorateurs d'intérieur.

Tapis berbère Beni Ouarain

Quid de la brillance de la laine des tapis ?

Les fibres de la laine ont fait l'objet de nombreuses études, tant ce matériau naturel occupe une place centrale dans notre quotidien. Elles sont recouvertes d'une membrane externe appelée cuticule, garnie elle-même d'écailles plus ou moins bien rangées.

La taille et l’aménagement plus ou moins régulier des écailles de la cuticule vont réguler la brillance provenant de la réflexion de la lumière sur la surface de la fibre.

L'éclat de la blancheur de la laine sera donc lié à la position des écailles. Des écailles lisses et bien agencées produiront le blanc le plus éclatant.

Ainsi, lorsque nous prenons des photos de tapis Beni Ouarain à la verticale des tapis, c'est bien la qualité des écailles de la laine qui est montrée. Si le tapis ressort lumineux, sans flash bien sûr, on peut en déduire que les écailles des fibres sont bien positionnées et lissées, et donc que le tapis sera plus lumineux et plus doux au toucher.

Mais sa blancheur restera toujours tributaire de son éclairage. En soirée, des murs blancs et des ampoules blanches feront ressortir au mieux l'éclat et la blancheur d'un tapis Beni Ouarain.

Nous espérons que toutes ces précisions pourront vous aider à choisir un tapis Beni Ouarain en fonction de sa couleur. À la notion de blancheur délicate à définir, s'ajoute la difficultés de maitriser le rendu des couleurs sur un écran d'ordinateur ou de smartphone.

C'est pour toutes ces raisons que nous vous laissons la liberté de pouvoir nous demander de remplacer un tapis Beni Ouarain si sa couleur ne convient pas. Malgré tout, force est de constater que la qualité de la laine des tapis proposés dans la boutique en ligne est tout à fait remarquable, répondant aux attentes de nos clientes.



Les particularités des tapis Beni Ouarain du Maroc

Comme tous les objets façonnés à la main, les tapis marocains présentent des particularités qui leur sont propres. Ancrés dans la tradition berbère, les tapis Beni Ouarain n'échappent pas à la règle. On pourrait penser qu'il s'agit d'un léger défaut du tapis, comme les franges présentes sur un coté seulement du tapis, il n'en est rien, c'est la tradition.

Ces particularités peuvent laisser perplexes parfois, avant d'en découvrir la raison d'être. Elles peuvent être considérées comme des marques de fabrique des tapis marocains, garantissant leur origine en quelque sorte.

Tapis berbère Beni Ouarain

Ci-dessus: Un tapis berbère Beni Ouarain de 280 x 215 cm dans la médina de Marrakech. (Cliquer sur l'image pour voir le tapis dans la boutique)

Cet article fait suite aux retours des clients nous donnant leur avis sur le ou les tapis Beni Ouarain que nous leur avions expédié(s) depuis Marrakech, et fraichement livré(s) à leur domicile.

Si nos clients sont toujours ravis de leur acquisition, nous proposant même de nous envoyer des clients parmi leurs amis, nous avons cependant noté quelques observations intéressantes.

Nous allons en dresser la liste ici et tenter d'apporter des éléments de réponse tangibles. La plupart du temps, ces observations sont rattachées à la tradition du tissage des tapis chez les Berbères du Maroc.

Un exemple classique est la laine brulée par les tisseuses berbères dans un coin du tapis. Lors du décrochage du tapis de son métier à tisser, alors que le tapis est fini, les femmes berbères avaient pour habitude de bruler légèrement quelques brins de laine. Cette pratique avait pour but d'éloigner les mauvais esprits. Le tapis allait pouvoir protéger du froid, et apporter toute sa chaleur et son confort à la famille.

Ces traces de laine brulée n'apparaissent plus sur les tapis récents neufs. Mais on les voit fréquemment sur les tapis anciens du Maroc.

Tapis berbère Beni Ouarain

Ci-dessus: Un tapis berbère Beni Ouarain avec ses franges sur un seul coté.

Une autre tradition bien marocaine est la présence de franges sur une seule extrémité du tapis. Cela concerne absolument tous les tapis marocains sans exception.

Cette spécificité des tapis marocains est à relier à l'utilisation qui était faite de ces tapis. Ils servaient de couvre-sol dans les tentes berbères. Les tapis Hanbel devaient protéger du sable sans se charger de sable. Ils étaient fins et rugueux, légers et faciles à transporter pour ces nomades du désert.

Les tapis épais en laine étaient propres aux régions montagneuses au climat froid. Les tapis Beni Ouarain procuraient une protection contre le froid. C'était le lit familial, souvent recouvert de couvertures berbères.

Épousant la forme allongée des tentes berbères, ces tapis couvre-sols ne présentaient qu'une seule extrémité visible. Celle-ci portait les franges du tapis.


Tapis berbère Beni OuarainRécemment, une cliente nous a fait part de sa surprise en apercevant des brins de laine dépassant latéralement du tapis Beni Ouarain tout juste livré qu'elle venait de déballer.

Dans un e-mail, cette cliente nous relatait sa surprise, songeant à un défaut du tapis dont des nœuds de laine se seraient dénoués.

Fort heureusement, il n'en est rien. Les nœuds de laine sont denses et très serrés sur les tapis Beni Ouarain que nous proposons à la vente. Ils ne peuvent pas se dénouer.

En revanche, des fils de la trame en laine du tapis peuvent avoir été coupés longs, et dépasser du tapis. Il suffit de faire un nœud et de rabattre les fils sous le tapis ou de les couper.

Tapis berbère Beni OuarainTapis berbère Beni OuarainTapis berbère Beni OuarainTapis berbère Beni Ouarain

N'oublions pas que ces tapis sont fabriqués entièrement à la main, sans aucune utilisation d'une machine. Il se peut qu'un fils de trame dépasse légèrement, cela arrive même assez souvent.

Tapis berbère Beni Ouarain

C'est aussi tout le charme des tapis faits main que de voir de légères imperfections comme ces fils de laine, mais cela n'augure pas un éventuel défaut de fabrication. C'est plutôt un gage d'authenticité. Ce tapis Beni Ouarain d'une qualité remarquable restera intact pour quelques décennies encore.

C'est donc heureuse et rassurée que cette cliente a pu découvrir, ravie, tout le charme de ces tapis Beni Ouarain dans son intérieur.

La qualité d'un tapis Beni Ouarain s'apprécie avant tout avec celle de la laine. La densité des nœuds, l'épaisseur de la laine, la douceur et la blancheur du tapis restent les principaux critères d'appréciation. Ces tapis résistants ont été conçus pour durer.

Origine des tapis berbères Beni Ouarain

Tapis Beni OuarainVous souhaitez en savoir plus sur les tapis Beni Ouarain ? Alors plongez dans la tradition des tapis chez les Berbères du Maroc.

Si ces tapis fascinent autant, c'est qu'ils portent en eux une longue histoire.

Retrouvez l'histoire de l'origine des tapis berbères Beni Ouarain, pour mieux appréhender les spécificités de ces tapis et en saisir toute la majesté.


Les antiques chars berbères au Maroc

Le Maroc est traversé du nord au sud par l'immense chaine montagneuse du massif de l'Atlas. Le plus haut sommet est le Djebel Toubkal, dans le Haut-Atlas marocain, qui atteint 4167 mètres d'altitude, visible depuis Marrakech en regardant vers le sud.

Au delà s'étend le massif de l'Anti-Atlas, d'est en ouest, dernier rempart face au désert du Sahara. Du Maroc à l'Algérie et à la Tunisie, l’immense chaine de l'Atlas couvre une grande partie du Maghreb. Cet ensemble géographique est la terre d'élection des Berbères depuis l'antiquité.

Cliquer sur l'image ci-dessous pour l'agrandir.

Massif de l'Atlas, Maroc

Le peuple berbère n'a pas ou peu laissé de traces écrites de son histoire. Dès lors, l'histoire des Berbères est restée fort mal connue, avant que des découvertes archéologiques ne lèvent un peu le voile sur ce passé remontant à l'antiquité.

Sources écrites de l'histoire des Berbères

Peu de sources historiques mentionnent les Berbères. Hérodote, 484 - 425 av. J.C., est l'un des historiens les plus prolixes au sujet des Berbères, bien qu'il ne les évoque que de manière épisodique.

Et lorsque Hérodote décrit les peuples vivant à l'ouest du Nil égyptien, on est en droit de se demander si son récit n'est pas sorti de contes imaginaires. Il parle en effet de guerriers courageux montés sur des chars tirés par des chevaux ... Les récits d'Hérodote ont pu paraitre peu crédibles, à mi-chemin entre l'histoire et la légende.

Si les Berbères ne nous ont pas légué de livres d'histoire, ils ont cependant écrit leur histoire dans la pierre. Les nombreuses peintures rupestres découvertes à l'ouest du Sahara attestent d'une présence humaine très tôt dans l'histoire.

Massif de l'Anti-Atlas, Maroc

Le massif de l'Anti-Atlas au Maroc (ci-dessus), tout comme ceux du Hoggar et du Tassili en Algérie, révèlent une civilisation avancée grâce à l'art rupestre antique. Des chars à roues tirés par des chevaux ornent les parois des grottes et des falaises, confirmant ainsi les récits anciens d'Hérodote. Ces peintures remonteraient au deuxième millénaire avant notre ère.

Comme le rappelle Gabriel Camps (1927 - 2002), préhistorien, spécialiste de l'histoire des Berbères, les Berbères ont été des conducteurs de chars, bien avant de devenir des cavaliers émérites. (1)

Il cite les bulletins relatant les victoires du pharaon Ramsès III, qui a régné de 1186 à 1154 avant J.C. en Égypte, où il est question des Mashaouash et de leurs chars attelés à des chevaux.

Les Mashaouash sont des Berbères de la civilisation libyque de Cyrénaïque, voisine de la civilisation égyptienne antique au XIIIè siècle avant notre ère.

Art rupestre, charsGabriel Camps s'appuie aussi sur les textes d'Hérodote pour révéler l'étendue des peuples berbères utilisant des chars tirés par des chevaux dans l'antiquité.

Cliquer sur l'image ci-contre pour l'agrandir.

Les Garamantes, des Berbères installés dans le sud de la Libye actuelle au 1er millénaire avant notre ère, montaient des chars à quatre chevaux. D'autres peuples berbères sont cités par Hérodote, utilisant ces chars, comme les Auses des rivages du lac Tritonis ou encore les Zauèkes du Sahel tunisien, étonnants, dont les chars de combat attelés aux chevaux étaient conduits par les femmes.

Les peintures rupestres témoignent de l'histoire des Berbères

En fait, il s'avère que tous les peuples berbères montaient des chars tirés par des chevaux. Ils ont laissé leur témoignage partout où cela était possible, à savoir sur la pierre, par des peintures rupestres représentant des chars.

La carte suivante, tirée d'une publication de Yves & Christine Gauthier, spécialiste en art rupestre et monuments funéraires, illustrent la répartition des sites de peintures rupestres montrant des chars à travers le Sahara.

Chaque point vert symbolise l'emplacement d'un site d'art rupestre. On constate que des chars attelés ont été peints sur la pierre sur pratiquement la moitié du continent africain au cours de l'antiquité. Cet art rupestre s'étend du nord du Soudan aux rivages de l'atlantique sur plus de 4000 km.

Cliquer sur l'image ci-dessous pour l'agrandir.

Chars rupestres, Sahara

C'est ainsi que ces peintures se retrouvent aussi dans tous les massifs bordant l'Atlas, au Tassili, dans le Hoggar algérien et sur les falaises de l'Anti-Atlas au Maroc.

Les peintures rupestres du sud marocain ont fait l'objet d'une publication de Alain Rodrigue, préhistorien, spécialiste du Maroc. (2)

Alain Rodrigue dévoile la richesse des peintures rupestres de Taouz, un village ancien dans la province de Errachidia, à l'ouest de l'Anti-Atlas au Maroc.

On découvre alors la variété des formes des chars, leur structure et la façon dont les hommes se positionnaient sur ces chars pour les conduire.

Ce ne sont pas moins de 9 types différents de chars qui ont été identifiés sur les peintures rupestres de Djebel Aoufilal (Taouz, Maroc).

Dans une publication scientifique de Yves & Christine Gauthier (3), on découvre que plus de 1200 peintures rupestres du Sahara montrent des chars rupestres dans tous les massifs à l'ouest du Ténéré et jusque sur les cotes de l'atlantique.

Les chars berbères de l'antiquité ne sont donc plus une légende, mais ont fait leur entrée au panthéon de l'histoire, révélant une fois de plus l'étonnante histoire des Berbères depuis l'antiquité.

À suivre ...

Articles connexes:

Pour aller plus loin, l'article Le berceau africain des Berbères propose une ballade au cœur de l'Atlas, terre d'origine des Berbères.

Un autre article traite du fameux lac Tritonis, Sahara, un réseau fluvial digne de l'Amazonie, vous permettant de localiser, d'après les recherches récentes, ce lac de l'antiquité au bord duquel aurait régné la déesse berbère Athena, celle-là même qui allait fonder Athènes en Grèce.

Sources

1 - Chars (art rupestre) - Camps, Gabriel (2012), in Encyclopédie berbère, 12 | Capsa – Cheval [En ligne]

2 - Les chars gravés du Jbel Aoufilal (Taouz, Maroc) - Rodrigue, Alain (2008), Almogaren XXXIX (Institutum Canarium), Wien, 7-17

3 - Des chars et des Tifinagh : étude aréale et corrélations, researchgate.net - Yves & Christine Gauthier (2011)


Crédit photos

- Carte du massif de l'Atlas modifiée. Via commons.wikimedia.org, Domaine public.

- Anti-Atlas. Via commons.wikimedia.org, Licence GFDL.

- Peinture rupestre. encyclopedieberbere.revues.org.

- Carte des peinture rupestre. researchgate.net, Des chars et des Tifinagh : étude aréale et corrélations, Yves & Christine Gauthier, publication du 01/2011.

Marrakech salue les terriens

Si l'artisanat berbère marocain a élevé les murs de Marrakech, le corps et l'âme berbère, et décoré l'habitat, il est une discipline dont on parle peu mais qui revient à la mode. La construction en terre reprend sa place à Marrakech avec ses nombreux atouts environnementaux.

Le Maroc est longtemps resté une référence pour ses constructions en terre. Les nombreux remparts des villes marocaines illustrent l'emploi massif de la terre comme matériau de construction.

Les artisans marocains des temps reculés ont démontré leur maitrise des techniques du bâti traditionnel en terre. Les palais, ksours, kasbahs, maisons et remparts en terre font le charme et la beauté des sites marocains. On pourrait songer que tout cela relève de l'histoire ancienne, et pourtant ...

La terre fête son retour dans le domaine de l'architecture. Ce matériau de construction, fort usité à Marrakech depuis des siècles, est depuis quelques temps à l'honneur lors de congrès ou d'expositions.

Rempart en terre, Rabat
Les remparts en terre de Rabat au Maroc

L'année passée, le congrès international sur l'architecture de terre en Afrique du Nord s'était tenu à Marrakech (1). L'occasion s'était présentée de se pencher sur ce matériau naturel vernaculaire très répandu au Maroc, comme ici à Rabat.

Mais l'intérêt porté à la construction en terre ne se limite pas au Maroc. En France, le musée gallo-romain à Lyon lui consacre une exposition en ce moment (2) dans le cadre de « Lyon 2016, Capitale de la terre ».

Si les projecteurs se tournent vers la terre, c'est que ce matériau du bâti traditionnel répond parfaitement aux contraintes du développement durable. Nul besoin de ciment ni de moellons transportés par camion. La terre locale fournira le pisé. La construction s'insérera au mieux dans son environnement.

Lors de ce congrès à Marrakech, les discussions portaient tant sur la préservation du patrimoine architectural en terre au Maroc que sur l'utilisation de ce matériau dans les constructions contemporaines.

Il a été rappelé que ce matériau est utilisé par l'homme dans la construction depuis 10 000 ans. Couplé à d'autres matériaux naturels comme la pierre ou le bois, il bénéficie d'une longue expérience qui a permis de nombreuses améliorations des techniques au cours du temps.

Rénovation des remparts en terre, Marrakech
Rénovation des remparts de Marrakech

La rénovation des remparts de Marrakech ci-dessus nous rappelle que cette technique de construction est encore vivace au Maroc. Dans les villages, de nombreuses maisons habitées ont été et sont encore construites en terre.

La ville de M’hamid El Ghizlane dans le sud du Maroc est entièrement bâtie de maisons en terre. Pour les nouvelles constructions, les marocains continuent de privilégier l'usage de la terre. Elle a l'avantage d'être disponible sur place, abaissant sensiblement les couts de construction dans cette région isolée.

Il est étonnant d'observer les artisans bâtisseurs élever un mur à M’hamid. La terre est ramassée au sol, puis entassée mêlée de paille et arrosée. Le mélange obtenu est déversé à l'intérieur du coffrage, et régulièrement tassé avec un pieu. Le mur prend la même couleur que la terre qui l'environne.

Ce mur d'enceinte de la propriété sera recouvert sur son sommet d'une protection en zellige afin de limiter l'érosion. Bien que les précipitations soient rares dans cette région, un orage pourra toujours endommager un mur en terre par le ruissellement de l'eau.

Maisons en terre, M’hamid El Ghizlane, Maroc
Maisons en terre, M’hamid El Ghizlane, Maroc

Les villages ou les villes du sud du Maroc n'ont pas l'apanage de la construction en terre. Les demeures luxueuses à Marrakech sollicitent ce matériau naturel depuis quelques années déjà. En 2005, le quotidien marocain L’Économiste publiait un article annonçant le retour à la mode de la construction en terre (3).

Les techniques utilisées pour préparer le pisé et dresser les murs n'ont pas changé depuis des siècles. Ces demeures de haut standing s'inspirent directement des kasbahs et des ksours du sud marocain.

Kasbahs Aït Ben Haddou, Maroc
Kasbahs Aït Ben Haddou, Maroc

Cet engouement répond à l'attrait certain qu'exercent ces constructions magnifiques, mais aussi à des attentes environnementales. Les murs en terre sont parfaitement isolant du chaud comme du froid. Leur construction est écologique. De quoi inspirer les participants de la prochaine COP22 à Marrakech.

Source

1 - Congrès international sur l'architecture de terre en Afrique du Nord, www.uca.ma - Faculté des Sciences Semlalia, Marrakech, 6-10 octobre 2015

2 - Exposition ArchéoTERRA, museegalloromain.grandlyon.com - Musée gallo-romain, Lyon, 13 juillet 2016 - 8 janvier 2017

3 - La construction en terre revient à la mode, leconomiste.com - L’Économiste, 13/10/2005


Crédit photos

- Les remparts en terre de Rabat au Maroc, Rénovation des remparts en terre à Marrakech. CIATerre2015

- Maisons en terre, M’hamid El Ghizlane, Maroc. creativecommons.org

- Kasbahs Aït Ben Haddou, Maroc. creativecommons.org

Artisanat du Sud - Tapis Beni Ouarain

www.artisanat-du-sud.com

www.tapis-beni-ouarain.com

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