Marrakech, les espaces verts de la cité ocre

Marrakech est une cité envahie par les arbres, les espaces verts sont partout, apportant la grâce à cette cité reine. Bénie par les dieux, Marrakech est aussi magique pour le règne végétal qu'elle abrite.

Jardin à Marrakech

Rares sont les villes atteignant un million d'habitants où il fait si bon vivre. La magnificence des palmiers n'a d'égale que celle de la cité ocre elle-même. Le bien-être se déguste au quotidien. Les jardins sont de véritables havres de paix. Les essences sont multiples, les fleurs multicolores jaillissent de toute part au printemps, des parfums subtiles flottent dans l'air du cyber-parc Arsat Moulay Abdeslam.

Élevés au rang d’œuvres d'art, les jardins de Marrakech sont le reflet d'un gout esthétique prononcé et de la grande sensibilité d'une civilisation explique Mohammed El Faïz.

Fleurs, Jardin Majorelle, Marrakech

Dans son ouvrage consacré aux "Jardins de Marrakech" (1), Mohammed El Faïz, historien, économiste et professeur à l'Université Cadi Ayyad de Marrakech, rappelle que l'art de ces jardins remonte quasiment à la naissance de Marrakech, au XIIéme siècle.

Les jardins de Marrakech font partie des plus anciens jardins du monde arabo-musulman. Ils constituent donc un héritage culturel et écologique inestimable [...]
- Jardins de Marrakech, Mohammed El Faïz, Actes Sud. (1)


Les jardins de l'Agdal à Marrakech couvrent 444 hectares et réunissent de nombreux arbres fruitiers. Les orangers côtoient citronniers, pamplemoussiers, figuiers, amandiers, noyers, oliviers et grenadiers.

Les jardins de l'Agdal à Marrakech

Les jardins sont nombreux à Marrakech. Celui de Ménara s'étend sur 88 hectares, principalement plantés d'oliviers autour de son bassin central. Le jardin Majorelle est un paradis de fleurs et d'essences variées.

En remontant le boulevard Mohamed V depuis Guéliz en direction de la Koutoubia, les jardins se succèdent. Petits ou Grands, parsemés de fleurs et de palmiers gracieux côtoyant les cimes, les jardins s'offrent aux passants.

À l'entrée des remparts, à Bab Nkob, le Cyber-parc Arsat Moulay Abdeslam est une invitation à la détente. Sur 8 hectares, les allées serpentent dans un dédale de végétation, de palmiers dattiers, palmiers nains, lierres, roses, jasmin ou Aloe vera parfaitement entretenus.

Débouchant sur le parc Lalla Hasna de la Koutoubia, du nom de la princesse, on en oublierait presque que l'on est en milieu urbain au cœur de Marrakech. Les jardins nous mèneront jusqu'à la Place Jamaâ el Fna, carrefour culturel de Marrakech. Le parc Arset El Bilk sera le dernier à traverser. Les récents travaux l'ont complètement transformé, une vaste allée centrale conduit directement à la place. Les calèches ont désormais leur voie réservée.

Cyber-parc Arsat Moulay Abdeslam à Marrakech

L'auteur des "Jardins de Marrakech" met l'accent sur le rôle écologique des jardins. Il rappelle la nécessité en milieu urbain d’atténuer les méfaits de la pollution. Mais aussi de proposer la beauté naturelle comme moyen de ressourcement et de bien-être. (2)

Médina de MarrakechL'écologie est décidément omniprésente à Marrakech. La Médina est considérée comme un modèle urbain pour le XXIe siècle par l'architecte urbaniste Marc Gossé.

Ce modèle répond selon lui aux défis du développement durable en termes d'urbanisme, d'écologie et d'équilibre social.
(Lire l'article sur le blog, Juin 2015)


En mesurant la place prise par l'écologie à Marrakech, et l'équilibre naturel d'une Médina avec son environnement, on découvre que le choix d'y organiser la COP22 n'est pas le fruit du hasard.

COP22, Marrakech, Maroc


Logo COP22, MarrakechDans quelques jours, du 7 au 18 novembre 2016, la cité de Marrakech accueillera la Marrakech Climate Change Conference (3).

Ce sera la 22ème session de la Conférence des Parties (COP) des Nations-Unies sur les changements climatiques (COP22), après celle de Paris en Décembre 2015. L'objectif poursuivi est de réduire l'influence des activités humaines sur le climat à l’échelle mondiale.

Cette conférence sera celle de l'action face aux changements climatiques. Ainsi l'a déclaré le Président de la COP22, Salaheddine Mezouar. Il rappelle que cette conférence sera une opportunité pour porter la voix des pays les plus vulnérables face aux changements climatiques, en particulier celle des pays africains [...].

Ces pays africains ne sont pourtant pas les premiers responsables du changement climatique. Il semblerait que, au contraire, les enjeux environnementaux ont été très tôt placés au centre des préoccupations des urbanistes, comme ici à Marrakech dès le XIème siècle.

Car si une Médina est parfaitement adaptée à son environnement, comme l'a justement relevé l'architecte urbaniste Marc Gossé, et cernée de jardins, cela démontre assez clairement le soucis qui a prévalu, chez les bâtisseurs de la cité ocre, de préserver l'environnement, il y a déjà 1000 ans ...

Dans un prochain article, on se penchera sur l'origine ancienne de ces jardins en milieu urbain, qui remonte à l'antiquité. On verra que les Perses ont parsemé leurs villes de jardins, de Bagdad à Marrakech, et jusqu'à Séville et Cordoue en Espagne.

à suivre ...

Sources

1 - Les Jardins de Marrakech - Mohammed El Faïz, juin 2000, Actes Sud

2 - Les Jardins de Marrakech - Présentation, BiblioMonde

3 - COP22 à Marrakech - Sous l'égide des Nations-Unies, 7 - 18 novembre 2016, Marrakech, Maroc,

La fabrication des tapis marocains 100% laine

Le tissage des tapis en laine par les Berbères au Maroc est une tradition très ancienne. Selon les sources, elle remonterait à l'antiquité. On la retrouve partout au Maroc, dans le Haut et le Moyen Atlas, dans les plaines atlantiques comme dans les vallées du sud marocain. Le tapis marocain participe à l'identité berbère.

C'est grâce à un film d'archive de l'i.n.a., datant de 1948, que l'on retrouve, en noir et blanc, ces images du Maroc, des Berbères et du tissage des tapis en laine. (1)

Le film s'ouvre sur la fête des tapis dans le pays Zaïane, au cœur du Moyen Atlas. La fête célèbre les tisseurs et tisseuses de tapis. Le tapis lui-même porte en lui les symboles de fertilité et de fécondité.

Le film dévoile toutes les étapes de la fabrication des tapis. L'ingrédient principal des tapis est la laine provenant des troupeaux de moutons. Les moutons sont tondus dès l'arrivée des premières chaleurs. La laine sera négociée sur les places de marché, dans les villes marocaines.

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À cette époque, les femmes berbères lavaient la laine à l'eau de mer pour la dégraisser. Elles utilisaient aussi une décoction de plantes saponaires lors du battage de la laine.

Une fois la laine séchée, le véritable travail de la laine pouvait commencer. De multiples taches vont encore être réalisées afin de débarrasser la laine des impuretés.

Vient ensuite le peignage, réalisée par une artisane fileuse. Puis le cardage et le filage produiront la laine, prête à l'emploi pour les tisseuses de tapis.

Ce film est un bel hommage à la tradition berbère du tissage des tapis. Partout au Maroc, et depuis l'antiquité, les Berbères fabriquent des tapis. Ce savoir-faire ancestral a fait la renommée mondiale des tapis du Maroc.

Les tapis berbères Beni Ouarain en vidéo



Le tapis Beni Ouarain à l'honneur

Les tapis berbères du Maroc étaient récemment à l'honneur dans la presse internationale. Un article publié par le quotidien australien The Daily Telegraph glorifie les tapis marocains.

Lire l'article Quand The Daily Telegraph encense les tapis marocains.


Sans publicité ni campagne marketing, le tapis berbère du Maroc a depuis longtemps franchit les frontières. L'un d'entre eux, le tapis Beni Ouarain, est même devenu un emblème du design intérieur.

Nous avions évoqué le designer australien Jason Mowen dans un article mettant en lumières les designers qui ont magnifié le tapis Beni Ouarain. Il a été l'un des premiers à intégrer le tapis Beni Ouarain dans la décoration intérieure en Australie.

Tout savoir sur les tapis Beni Ouarain

Moutons, MarocLes tapis Beni Ouarain ont une origine rattachée à l'activité agricole traditionnelle des Berbères. L'élevage des moutons fournit une laine abondante.

Les motifs en losanges, évoquant la femme chez les Berbères, auraient une origine encore plus lointaine. Ils se retrouvent dans l'art pariétal et les ornements de poteries datées du néolithique.

Les tribus de la confédération des Beni Ouarain ont ainsi perpétué cet art ancien en le transposant aux tapis.

Ces caractéristiques propres rangent le tapis Beni Ouarain dans la catégorie de l'art tribal, on parlera donc d'un tapis tribal. Les Berbères auront donc su conserver leurs racines. Ce qui peut paraitre étrange pour un peuple anciennement nomade.

C'est une preuve supplémentaire de l'implantation des Berbères, très tôt dans l'antiquité, dans la partie occidentale de la chaine de l'Atlas, au Maroc. Où l'isolement aura garantit leur sécurité et préservé leur identité.

Au cœur du Moyen Atlas marocain, découvrez l'origine des tapis berbères Beni Ouarain. (Lire l'article)

Tapis Beni Ouarain de la boutique

Tapis Beni OuarainRetrouvez en ligne les derniers tapis Beni Ouarain de notre catalogue.

De nouveaux tapis sont ajoutés régulièrement, tous de la même lignée en terme de qualité. D'une épaisseur d'environ trois centimètres, les tapis sont faits main en laine naturelle.

Tous ces tapis proviennent du Moyen Atlas au Maroc. ils traduisent l'excellence chez les Berbères de l'art du tissage des tapis en laine.

Les tapis sont expédiés depuis Marrakech et livrés à votre domicile sous 10 jours. Les frais de port sont offerts.

Dossier spécial Tapis Beni Ouarain

Sources

1 - Tapis parterres du Maroc - Les Actualités Françaises, Centre cinématographique, 1948, Vidéo ina.fr, durée: 15 minutes

Quand The Daily Telegraph encense les tapis marocains

Tapis marocains, The Daily TelegraphÀ Sydney en Australie, les tapis marocains étaient récemment à l'honneur dans la presse quotidienne. (1)

En effet, le 17 septembre dernier, le quotidien "The Daily Telegraph" consacrait un article à la décoration intérieure.

La parole était donnée à Neale Whitaker, éditeur en chef de la revue australienne Vogue Living dédiée à la décoration intérieure design. Cette revue présente régulièrement les plus belles réalisations des designers d'intérieur australiens ou étrangers.

Dans cet article, Neale Whitaker détaille comment ajouter de la texture et apporter du charme à un intérieur. Il admet en préambule que cette question lui était revenu souvent. Comment créer un phénomène de mode alliant charme et texture ?

La réponse lui est venue lors d'un voyage de Melbourne à Marrakech en passant par Milan, pour un numéro de Vogue Living. Chaque intérieur design qu'il a pu visiter, quel que soit son style, arborait un dénominateur commun, un tapis marocain. Voila un phénomène de mode intérieure songea-t-il.

Selon Neale Whitaker, le tapis noué à la main des Beni Ouarain est un tapis distinctif, un élément de base du design intérieur, depuis quelques années déjà. Il confesse en être fan.

Lui-même possède un Beni Ouarain ancien datant des années 1970. « Je ne m'en lasse pas » ajoute-t-il, « tant ce tapis est hors du temps ».

Il se souvient, lors de son premier voyage au Maroc, avoir été soufflé par les incroyables tapis marocains de l'hôtel où il résidait. Ces tapis lui paraissent très séduisants, tout en appréciant particulièrement leur aspect primitif, songeant que ces tapis sont fabriqués ainsi depuis des milliers d'années.

Tapis Beni Ouarain, Jason MowenOn notera ici la pertinence des propos de Neale Whitaker concernant l'ancienneté du savoir-faire berbère dans le tissage des tapis.

Dans un article du blog de juin 2015, nous avions remonté le temps et survolé les millénaires d'occupation de l'Atlas marocain par les Berbères.

Les tribus des Beni Ouarain étaient déjà présentes au Maroc vers 3000 ans av. J.C., tandis que les losanges des tapis rappelaient ceux de l'art tribal primitif de l'époque néolithique. (Lire l'article)


Cet article du quotidien australien "The Daily Telegraph" est de nouveau un bel hommage aux tapis marocains, et spécialement aux tapis Beni Ouarain. Il nous rappelle combien ces tapis africains rayonnent dans le monde du design intérieur, au delà des océans, et la place centrale occupée par les fameux tapis marocains Beni Ouarain.

Dans la suite de l'article, l'éditeur en chef de la revue Vogue Living évoque un designer australien qui fut l'un des pionniers en Australie en terme de tapis Beni Ouarain utilisés dans le design intérieur. Il s'agit de Jason Mowen, un designer dont nous avions présenté le travail dans cet article du blog.

Jason Mowen s'était vu confié un projet d'aménagement intérieur pour un salon à Sydney en 2014. Ce projet a été présenté avec les photos dans notre article.

Il avait notamment choisi un sofa du designer australien Charles Wilson, une table française de style Art Déco des années 20 et deux fauteuils confectionnés en bois et en cuir du designer danois Børge Mogensen.

Pour agrémenter l'ensemble et renforcer l'intimité chaleureuse masculine recherchée par son client, Jason Mowen avait retenu un tapis marocain Beni Ouarain épais blanc et noir à grands losanges.

Le résultat est somptueux, à base de matières naturelles comme le cuir, le bois ou la laine du tapis.

Cet article vous a ouvert l'appétit ? Dans ce cas, vous prendrez sûrement du plaisir à découvrir les derniers tapis Beni Ouarain proposés en ligne depuis Marrakech. De véritables tapis Beni Ouarain neufs de fabrication berbère au Maroc.

Tapis Beni Ouarain
Tapis Beni Ouarain
Tapis Beni Ouarain
Tapis Beni Ouarain
Tapis Beni Ouarain
Tapis Beni Ouarain


Ces tapis Beni Ouarain sont de fabrication artisanale. Provenant du Moyen Atlas marocain, chaque tapis est en laine naturelle, sorti des mains des femmes berbères des tribus Beni Ouarain du Maroc. Épais de 3 cm, densément noués, décorés le plus souvent de losanges bruns noirs sur un fond blanc, ces tapis sont parmi les plus beaux des spécimens fabriqués par les Beni Ouarain.


Source et crédit photos

1 - Neale Whitaker: How to add texture and charm to your space - Neale Whitaker, 09/17/2016, The Daily Telegraph, Sydney, Australia

Marrakech sous l’œil des cigognes blanches

Comme vous l'aurez certainement remarqué sur la page d'accueil de notre boutique en ligne de tapis (www.tapis-beni-ouarain.com), la cigogne occupe une place de premier ordre. Elle a été choisie comme symbole de la gratuité des frais de port pour l'envoi des tapis depuis Marrakech. Car la cigogne effectue chaque année le trajet entre Marrakech et la France via l'Espagne.

Cigogne, frais de port gratuitsLe choix de cet échassier n'est pas le fruit du hasard, mais s'impose à l'évidence, tant la cigogne blanche est présente sur les hauteurs de la cité ocre.

Il suffit de lever les yeux pour voir tournoyer dans le ciel azur de Marrakech ce magnifique oiseau. Les ailes déployées, la cigogne plane sans effort, portée par les courants d'air, décrivant de grands cercles avant de choisir une direction.


Dans le quartier historique de la Kasbah, elle trône au sommet de murs en ruine, que les marocains s'efforcent de consolider afin de préserver l'habitat de ce grand oiseau blanc et noir. L'entrée de la rue de la Kasbah, à deux pas des tombeaux Saadiens, est dominée par un couple de cigognes épiant les allées et venues de ce lieu de passage animé. Elles font partie du paysage, et se laissent prendre gracieusement en photo par les nombreux touristes admiratifs.

Cigognes à la Kasbah, Marrakech

À la Kasbah, les cigognes sont partout. Depuis la porte Bab Agnaou, et tout le long des remparts, les nids de cigognes se succèdent, plus majestueux les uns que les autres.

Leur vol plané dans le ciel de la Kasbah et du Mellah est un ballet quotidien. Le couple se relaie pour nourrir la portée et agrandir le nid. Pendant que le mâle surveille les jeunes pousses, le femelle part chercher de quoi renforcer le nid. Le couple fera des allers-retours jusqu'à la tombée de la nuit.

Celui des deux qui surveille le nid est exposé en journée aux fortes chaleurs estivales de Marrakech. Il n'est pas rare d'observer cet oiseau garder son long bec ouvert quand les températures dépassent 40°C, mais rester droit comme un i, perché sur son nid.

Cigognes, Kasbah, Marrakech

Si les petits des cigognes grandissent sur les remparts de Marrakech, c'est que le Maroc appartient à une grande aire de nidification, regroupant le nord de l'Algérie et de la Tunisie, ainsi que le sud de l'Espagne et le Portugal. Il s'agit d'une des deux aires connues de nidification des cigognes blanches.

Une autre aire, plus vaste, couvre l'Europe et s'étend à la Turquie, au Liban et jusqu'à l'Irak. Ces deux aires de nidification des cigognes blanches sont figurées respectivement en orange et en jaune sur la planisphère ci-dessous.

En blanc figurent les aires d'hivernage des cigognes.

Carte Afrique et Europe

En aparté, la planisphère ci-dessus est une projection établie par Arno Peters, respectant les proportions des continents. L'Afrique apparait ainsi à sa taille réelle, plus grande et allongée que sur les planisphères obtenues par les projections de Mercator. L'Europe apparait ainsi plus petite. Nous aurons l'occasion de revenir sur cette bizarrerie ...

La migration des cigognes a fait l'objet d'études précises, comme le rappelle le Mémoire de Magistère en Agronomie de Naoual BOUKHTACHE.

La migration des aires de nidification au nord vers celles d'hivernage au sud débute fin juillet en Europe et s'étale jusqu'à fin aout au Maroc. Les deux populations de cigognes (en orange et en jaune) semblent se mélanger en partie lors de la migration. Dans les deux cas, la migration emprunte un couloir nord-sud (image suivante).

Carte migration Afrique et Europe

Une partie des cigognes va suivre une voie occidentale et traverser la France, L'Espagne et le Maroc pour rejoindre le fleuve Niger et y passer l'hiver. L'autre partie va traverser le Bosphore, la Turquie et la Palestine pour se rendre à l'Est de l'Afrique sur les plateaux de l'Ouganda (1).

Le baguage et le suivi satellitaire des cigognes ont révélé que les phases de vol durent de 8 à 10 heures, pour une phase de repos de 14 à 16 heures.

La vitesse de vol moyenne en migration atteint environ 50 km/h à une altitude de 1000 mètres à 4500 mètres. (2). Les cigognes passent donc de l'Andalousie à Marrakech en seulement 3 ou 4 jours, en utilisant principalement les courants d'air chaud ascendants.

Si les cigognes sont parfois menacées par les activités humaines, comme la destruction des habitats de nidification, elles bénéficient à Marrakech d'un environnement paisible, où la reproduction bat son plein.

Pour aller plus loin, le site Mission Migration, édité en Suisse, fournit une foule d'informations sur les migrations et se révèle passionnant. Comme le suivi par balise argos de cigognes blanches nées en Suisse, lors de leur migration.

Les ballets des cigognes de Marrakech valaient bien que l'on s'attarde sur cet oiseau imposant et si discret. C'est à peine si l'on distingue leurs claquements de bec quand la nuit tombe. Ils resteront toute la nuit dressés sur les remparts, comme des sentinelles veillant sur la cité ocre endormie.

Carte migration Afrique et Europe

Les nids des cigognes se superposent mais conservent un équilibre parfait ...

Sources

1 - Contribution à l'étude de la niche écologique de la Cigogne blanche Ciconia ciconia L. - Naoual BOUKHTACHE, Mémoire de Magister en agronomie 2008, Université El Hadj Lakhdar, Batna, Algérie

2 - Cigogne blanche sur le site Mission Migration


Crédit photos

- Cigognes à la Kasbah, Marrakech. panoramio.com

- Cigognes, Mellah, Marrakech. Par Keirn OConnor from New York City, United States — El Badi Palace in Marrakesh 2 Uploaded by Kurpfalzbilder.de, CC BY-SA 2.0, Lien

- Projection de Arno Peters - By Penarc (Mdf en.wikipedia) [Public domain], via Wikimedia Commons

- Cigognes à Marrakech, Chez Viervier

Dans la brume du phare d'Al-Andalus

Il a souvent été question sur ce blog de l'héritage berbère, celui que l'on retrouve dans l'artisanat au Maroc, dans l'architecture à Marrakech mais aussi dans les mystères et légendes des Cathares.

Peuple nomade présent dans toute la chaine de l'Atlas, les Berbères ont été les témoins et les acteurs des échanges avec l'Europe, au delà du détroit de Gibraltar.

Si ces échanges furent nombreux et parfois très anciens, comme en témoigne le peuplement Iberomaurusien du Maghreb dans l'antiquité, une période retient toutefois l'attention et ne laisse pas indifférent.

Parmi les incursions régulières dans un sens comme dans l'autre, celle des Maures a fait couler beaucoup d'encre. Cette population métissée s'est installée dans le sud de l'Europe, à l'époque d'Al Andalus.

L'héritage de cette période de l'histoire s'est accompagné de transferts culturels dont certains sont restés célèbres. Cela se passait entre le VIIe et le XVe siècle, à une époque où les érudits, traducteurs de Tolède ou du Mont-Saint-Michel, parlaient Latin et Arabe.

On peut songer que le phare culturel d'Al-Andalus illumina le sud de l'Europe, avant de disparaitre dans la brume. Mais c'est sans compter sur les débats d'historiens qui raniment le souvenir.

Aristote au mont Saint-MichelLorsque l'un d'entre-eux publie un livre érudit en 2008 (1), dans lequel il tente de démontrer que l'héritage scientifique des Grecs n'a pas été transmis à l'Occident par l'Islam, c'est toute la sphère des historiens qui s'embrase.

Ce livre ranime la flamme d'Al-Andalus, cette période de l'histoire médiévale au cours de laquelle le savoir grec aurait fait son entrée en Europe via les Maures et les Arabes.

Son auteur nie catégoriquement toute contribution des Arabes ou de l'islam au renouveau scientifique de l'Occident à cette époque. Ou alors le conçoit-il de manière très superficielle, pour ne pas dire marginale.

Cet ouvrage aurait pu rester confidentiel si un article paru dans Le Monde des Livres n'avait mis le feu aux poudres (2). Son auteur fait l’éloge de ce livre, le qualifiant de courageux, précis et argumenté.

S'engageant résolument dans un discours polémique, le journaliste semble avoir la ferme intention de minimiser l'engagement des musulmans dans le savoir et sa transmission en Europe. Il tient à défendre l'idée que les musulmans ont au contraire peu traduit de textes grecs en arabe.

Avicenne et Averroès en prennent "pour leur grade", jugeons-en plutôt :

[...] même ces grands admirateurs des Grecs que furent Al-Fârâbî, Avicenne et Averroès ne lisaient pas un mot des textes originaux, mais seulement les traductions en arabe faites par les Araméens ... chrétiens !
- Et si l’Europe ne devait pas ses savoirs à l’islam ? (Le Monde, 4 avril 2008). (2)

Comment des savants grands admirateurs des Grecs pouvaient-ils ne pas lire de textes grecs ?

On laissera le soin aux historiens d'en débatte, mais le ton de l'article sent le règlement de compte. L'absence d'un jugement pondéré et mesuré dans ces propos alerte le lecteur. On se demande alors comment un journaliste peut s'autoriser à endosser l'habit d'historien avec autant de légèreté et d'approximations. En tout cas si on en juge par le tollé provoqué chez les historiens, les vrais.

Car la réponse des historiens ne se fera pas attendre. Moins d'un mois après la publication de cet article, la réplique cinglante surgit dans les colonnes de Libération le 30 avril 2008 (3). Elle a été rédigée par un collectif international constitué de 56 chercheurs en histoire et philosophie du Moyen-Age.

Cette réaction vigoureuse dénonce aussitôt les erreurs contenues dans le livre soit-disant érudit. Les historiens relèvent bon nombre d'approximations, de fausses révélations et des emprunts à un texte de 1967, d'une parfaite banalité.

Renonçant à énumérer toutes les erreurs jalonnant ce livre, ce collectif d'historiens se focalise sur les erreurs les plus grossières:

[...] contrairement aux affirmations de l'auteur, le fameux Jacques de Venise figure aussi bien dans les manuels d'histoire culturelle, [...], que dans ceux d'histoire de la philosophie, [...]
- Oui, l'Occident chrétien est redevable au monde islamique (Libération, 30 avril 2008). (3)

Plus déterminé que jamais à remettre les pendules à l'heure, ce collectif ajoute plus loin:

La rhétorique du livre s'appuie sur une série de raisonnements fallacieux. Des contradictions notamment : Charlemagne est crédité d'une correction des évangiles grecs, avant que l'auteur ne rappelle plus loin qu'il sait à peine lire ; la science moderne naît tantôt au XVIe siècle, tantôt au XIIIe siècle.
- Oui, l'Occident chrétien est redevable au monde islamique (Libération, 30 avril 2008). (3)

Le discours est limpide et précis. Les historiens rétablissent à l'envie l’honnêteté intellectuelle dont ne devrait jamais se départir un historien digne de ce nom. Les références sont nombreuses, érudites et dénuées de populisme. On est loin du sentiment anti-arabe qui prévalait dans le livre.

L'honneur d'Al-Andalus est sauf, les intellectuels de toutes nationalités veillaient au grain.

Critiquant froidement l'auteur du livre polémique, et ses liens avec l'extrême droite, ils concluent ainsi leur contre-analyse, à propos de sa démarche dans ce livre:

[...] sa démarche n'a rien de scientifique : elle relève d'un projet idéologique aux connotations politiques inacceptables.
- Oui, l'Occident chrétien est redevable au monde islamique (Libération, 30 avril 2008). (3)

Cet épisode tendu entre les historiens rappelle à quel point la manipulation est présente dans notre société actuelle. Le sujet du rôle des Arabes dans la transmission du savoir au cours du Moyen-Age fait encore l'objet de débats de nos jours.

Près de 700 ans plus tard, les querelles se poursuivent. Même si les recherches contemporaines ont clairement établi le rôle indéniable des Arabes auprès des savants européens à l'époque d'Al-Andalus, comme le rappelle ce collectif de 56 historiens et chercheurs en histoire et philosophie du Moyen-Age.

Article connexe sur ce blog:

- Aux racines de l'artisanat marocain, Al-Andalus

Source

1 - Aristote au Mont-Saint-Michel: Les racines grecques de l'Europe chrétienne - Sylvain Gouguenheim, Éditions du Seuil, 2008 - 277 pages

2 - Et si l’Europe ne devait pas ses savoirs à l’islam ? - Roger Pol-Droit, Le Monde, 4 avril 2008

3 - Oui, l'Occident chrétien est redevable au monde islamique - Collectif international de 56 chercheurs en histoire et philosophie du Moyen-Age, Libération, 30 avril 2008

Artisanat du Sud - Tapis Beni Ouarain

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