Le Catharisme vu par Simone Weil

Au sortir de le seconde guerre mondiale, l'opinion publique en Europe était profondément déstabilisée par les infâmes souffrances causées par cette guerre. L'extrême cruauté avait renversé la douceur de vivre, mettant fin à l'insouciance. Les âmes en peine tentaient de comprendre l'incompréhensible, l'inexplicable. Dieu avait-il oublié les siens ici bas ? Était-il possible que l'homme puisse être ainsi livré aux forces du mal ?

Vision de Constantin
La vision de Constantin, 1520-1524, Jules Romain

Le France chrétienne s'est certainement posé beaucoup de questions à cette époque, à l'image de Simone Weil (1), dont une lettre a été reprise sur le site des Chemins cathares.

Dans cette lettre adressée à Déodat Roché en 1941, Simone Weil éclaire de sa pensée philosophique les méandres tourmentés pas lesquels le Christianisme, sous l'empire romain, a sombré dans le règne du mal.

Elle explique ainsi comment elle en est venu à se tourner vers les religions de l'antiquité pré-romaine, dont le Catharisme était, selon elle, la dernière expression vivante en Europe.

Simone WeilSimone Weil est une philosophe d'origine juive née à Paris en 1909 et décédée à Ashford au Royaume-Uni en 1943.

Elle s'est engagée dans le mouvement anarchiste au cours des années 30 et a rejoint en 1936 les républicains dans la guerre civile d'Espagne. (1)

L'auteur de cette note biographique, sur le site des Chemins cathares, précise :

Elle dénonce l’Eglise catholique, ses excès passés et son blocage présent. Elle écarte la tradition juive (par rejet du méchant dieu biblique) au profit de la culture grecque idéalisée.
- Philosophie cathare, Lettre de Simone Weil à Déodat Roché, Chemins cathares. (1)


Dans sa lettre, Simone Weil se dit vivement attirée vers les cathares . Elle avoue ne pas bien les connaitre, mais déclare les apprécier pour leur rejet de l'ancien testament.

Simone Weil a écrit cette lettre après avoir lu les études sur le catharisme de Déodat Roché, magistrat, philosophe et historien du catharisme.

Tout comme Déodat Roché, Simone Weil pensait que le catharisme a été en Europe la dernière expression vivante de l’antiquité pré-romaine . Avant l'arrivée des Romains sur le pourtour méditerranéen, il lui semblait que les pays méditerranéens et ceux du Proche-Orient constituaient une civilisation presque homogène, en tout cas continue. Elle considérait qu’une même pensée vivait chez les meilleurs esprits .

On sent chez Simone Weil un discours un peu désabusé, un besoin de retrouver une certaine pureté d'esprit. Ses rêves d'un monde meilleurs semblaient davantage se rattacher à l'état d'esprit qui prévalait selon elle, sans pouvoir en être certaine, dans le monde antique précédant l'ère chrétienne.

Les peuples du pourtour méditerranéen, les Perses, les Grecs, les Égyptiens et les Berbères, avaient en effet une histoire commune, des croyances partagées, transmises par les auteurs anciens. Au delà des conflits locaux qui ont pu se dérouler, ces peuples semblaient davantage tournés vers le commerce et le partage des connaissances.

La Grande bibliothèque d'Alexandrie

La bibliothèque d'Alexandrie en témoigne. Construite en Égypte par Ptolémée trois siècle avant J.C., elle regorgeait d’œuvres de l'antiquité, de toute origine, qu'il avait fallu traduire en grec. Un travail colossal, puisque il était envisagé de réunir 500 000 volumes de toute la connaissance.

Simone Weil conclue cette parenthèse romaine en émettant une critique de la domination romaine exercée sur ces pays, avant l'ère chrétienne :

Saint Dominique et les albigeoisC’est de cette pensée que le christianisme est issu ; mais les gnostiques, les manichéens, les cathares semblent seuls lui être restés vraiment fidèles. Seuls ils ont vraiment échappé à la grossièreté d’esprit, à la bassesse du cœur que la domination romaine a répandues sur de vastes territoires et qui constituent aujourd’hui encore l’atmosphère de l’Europe.
- Philosophie cathare, Lettre de Simone Weil à Déodat Roché, Chemins cathares. (1)

Cette lettre, datée de 1941, écrite il y a 75 ans, semble étrangement d'actualité. Elle résonne comme un bel hommage à l'état d'esprit des cathares. Ces derniers se nommaient eux-mêmes les parfaits, les purs ou les bons hommes.

Si, selon Renée-Paule Guillot, historienne et conférencière, le Catharisme se définit comme la "dernière manifestation de la dynamique mystique des Berbères", (Lire l'article), le lien de parenté (au moins spirituel) entre les Cathares et les Berbères apporte un éclairage sur les Berbères.

Et si des peuples de l'antiquité avaient cherché à préserver une connaissance ancestrale, un témoignage du passé, un pouvoir particulier voir une religion ? Ce pourrait-il que ce rôle ait été tenu par les Berbères cherchant refuge dans les Pyrénées ? Les cathares étaient-ils les dépositaires de ces secrets ?

... à suivre

Sources

1 - Lettre de Simone Weil à Déodat Roché - Simone Weil, 1941, Chemins cathares


Crédit photos

- La vision de Constantin. Constantin bat Maxence au pont Milvius, Herodote.net

- Simone Weil (1909-1943). Lettre de Simone Weil à Déodat Roché, Chemins cathares

- La Grande bibliothèque d'Alexandrie. Par O. Von Corven [Public domain], via Wikimedia Commons

- Saint Dominique et les albigeois. Par Pedro Berruguete [Public domain], via Wikimedia Commons

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