La voie royale des Berbères

Certaines lectures apportent parfois leur lot de surprises déroutantes. Ce fut le cas en parcourant le site de Anton Parks. Ce graphiste de formation, devenu linguiste spécialisé dans un langage proto-sumérien appelé Gina'abul, spécialiste de l’Égypte antique, évoque la voie royale des Berbères lors d'une interview.

Ce n'est pourtant pas cette voie, aussi royale soit-elle, qui m'amena sur ce site internet. Mais la traduction du livre de Joseph F. Blumrich publié en Allemagne en 1979 (1).

Et plus précisément le récit d’un Indien Hopi nommé Ours Blanc rapporté dans ce livre. Dans ce récit, cet indien Hopi évoque l'origine de son peuple relatée par les traditions orales, où la mémoire se transmet depuis des générations (2).

L'origine des Indiens Hopis

Les Hopis se seraient établis dans le Nord de l'Arizona il y a plus de 80 000 ans selon ce récit.

Ils appartiennent au groupe amérindien des Pueblos, voisin des Apaches et des Navajos. Leur véritable nom est Hopitu-shinumu, « le peuple de la paix », dont Hopi est une contraction.

Villages Hopis, Arizona
Villages Hopis en Arizona à la fin du XIXe siècle

Naguère, ils auraient été les victimes d'une guerre opposant deux continents aujourd'hui disparus. Selon les croyances de ce peuple indien, ils auraient occupé trois autres mondes avant de venir s'établir sur le quatrième, le continent américain.

Le premier monde a péri par le feu, mais le peuple de Ours Blanc a survécu à la destruction. Le deuxième aurait disparu sous les glaces, et le troisième s'est effondré après une guerre avec le continent voisin.

Ce troisième monde ou continent se nommait Kásskara, peut-être le continent de Lémurie, et était séparé par une mer du continent voisin nommé Terre du soleil levant. Ours Blanc précise que ce continent voisin est aussi connu sous le nom de Atlantis.

Une guerre entre les continents de Kásskara et d'Atlantis aurait contraint le peuple de Ours Blanc à fuir et à venir s'établir dans cette région aride du Nord de l'Arizona.

Des continents perdus ...

En 1877, Ernst Haeckel, biologiste, philosophe et libre penseur allemand, situe le continent de Lémurie dans l'océan indien (3).

Il le présente comme un ancien continent tropical, au Sud de l'Inde, aujourd'hui submergé par l'océan indien. Une hypothèse de l'époque ferait de la Lémurie le continent d'origine du peuplement humain sur le Terre.

Dans l'ouvrage de Jean d'Eraines paru en 1914, une présentation de trois continents disparus s'appuie sur des "preuves paraissant bien établies" selon son auteur.

Il nomme la Lémurie de Ernst Haeckel, le continent Pacifique dont il ne reste que quelques iles, et l'Atlantide.

On notera au passage que le nom des Indiens Hopis signifiait « le peuple de la paix », ce qui pourrait tout autant les rapprocher du continent Pacifique.

Voici ce qu'écrit Jean d'Eraines en 1913 à propos de l'Atlantide :

La fameuse Atlantide, jadis considérée comme une invention de Platon, et à laquelle droit de cité était conféré le 30 novembre 1912, par Pierre Termier, de l'Académie des Sciences, dans une conférence reproduite par la Revue scientifique (11 janvier 1913).
- Le problème des origines et des migrations, Jean d'Eraines, Paris, 1914, Page 96

... À l'origine de l'homme

Ces hommes de sciences, en cette fin du XIXe et ce début du XXe siècle, recherchaient les origines de l'humanité sur des continents perdus. Ils se basaient sur la répartition d'espèces animales et végétales observée sur les continents actuels, et tentaient d'établir des recoupements pour retracer le chemin emprunté par l'évolution.

Ces théories d'inspiration darwiniste sont aujourd'hui très controversées. Que l'on soit on non d'accord avec ces théories, un point à noter est l'idée, répandue à l'époque, que des continents disparus existaient bel et bien.

En ce sens, ces hommes de sciences semblaient confirmer les propos de l'Indien Hopi Ours Blanc quand à l'existence de continents disparus.

Et les Berbères ?

Sans présager de l'origine de l'Homme, on peut suggérer, en suivant la logique de Ours Blanc, que des habitants de l'Atlantide ont également fui leur continent en guerre pour aller s'installer ailleurs.

Sépulture néolithique à enclos, au sud de Djanet, Tassili n’Ajjer, Algérie
Sépulture néolithique à enclos, au sud de Djanet, Tassili n’Ajjer, Algérie

Dans ce cas, les propos de Anton Parks, qu'il a tenus lors d'une interview, prennent un relief particulier.

Il explique que les Tumulus (ou sépultures néolithiques) en Algérie sont situés le long d'une voie très ancienne :

Tous ces sites [...] passent par une piste largement empruntée à l'époque du Paléolithique Supérieur jusqu'au Badarien. Il s'agit de l'ancienne "Route des Morts", située entre le couchant et l'Égypte. D'ouest en est, elle démarrait du cap Soloéïs (face au îles Canaries), en passant par le Hoggar algérien, le désert libyque, les quatre oasis égyptien du désert blanc pour finir en Égypte même, à Abydos, résidence d'Osiris et lieu où il fut tué et enterré. Cette très longue piste préhistorique, qui est également nommée "voie royale" par les Berbères, s'illustre d'art rupestre de même type d'un bout à l'autre du trajet et des anciens oueds. Ces dessins sont datés du début de l'Holocène (vers 10.000 av. J.-C.), donc à la même période que les sites du désert algérien.
- interview Anton Parks

Le cap Soloéïs n'est autre que le cap Cantin au Maroc, au Nord de la ville de Safi. Il marquerait le début de la voie royale des Berbères. Rappelons-nous qu'un peu plus au Nord sur la cote atlantique du Maroc se trouve le port de Assilah.

C'est non loin de là que se situerait la tombe de Antée, fils de Poséidon et de Gaïa, sur les flancs de l'Atlas, dans la mythologie grecque. Sa tombe serait placée au centre d'un tertre funéraire, comme c'était le cas pour les rois Berbères.

Il y a 2000 ans, le Général Romain Sertorius aurait fait ouvrir la tombe de Antée, incrédule face aux légendes Berbères. Puis aurait demandé à la refermer avec précaution, après avoir vu le squelette géant de Antée (27 mètres) reposer au fond, ainsi que l'explique cet article. Ils sont fous ces Romains.

De Safi à Tanger semblait donc s'étaler le point de départ de cette large route préhistorique, d'Ouest en Est, du Maroc à l’Égypte, la route des morts ou voie royale chez les Berbères, parsemée de sépultures Berbères prestigieuses. Encore un mystère Berbère qui surgit du fond des âges !

Vers quelle destination à l'Ouest, dans l'océan atlantique actuel, la voie royale des Berbères se prolongeait-elle ? Les Iles Canaries des Berbères Guanches ?

Se pourrait-il que les Berbères soient les survivants d'un continent disparu ? On ne va tout de même pas songer à une origine atlante des Berbères ... non ?

À suivre ...


Sources

1 - Kásskara und die sieben Welten - (Kasskara et les sept mondes), Joseph F. Blumrich, Econ Verlag, 1979 - 384 pages -

2 - Récit de Ours Blanc - Site de Anton Parks -

3 - Histoire de la Création des Êtres Organisés d’après les Lois Naturelles - Ernest Haeckel, Paris, 1877 -


Crédit photos

- Villages Hopis en Arizona à la fin du XIXe siècle. Wolpi and Shechumavi, from Tewa - SMU Central University Libraries

- Sépulture néolithique à enclos, au sud de Djanet, Tassili n’Ajjer, Algérie - Yann Arthus Bertrand



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