Berbères du Maroc [2]

Village de l'Atlas marocain


Le père de Houssaine est un Berbère de l'Atlas. Les habitants de ces villages reculés ont toujours renoncé à quitter ces paysages merveilleux, en dépit des rudes conditions de vie qu'ils mènent.

Leurs activités tournent autour de l'élevage des chèvres et des moutons. Les flancs arides du Haut Atlas coté Sahara offrent peu de solutions de pâturage pour les troupeaux. La recherche de pâturage occupe ainsi une bonne partie de leurs journées. Ces Berbères Amazigh sont rodés à la vie itinérante. Leurs ancêtres ont parcouru tout le Sahara, depuis les rives du Nil en Égypte jusqu'aux rivages atlantiques du Maroc ou de Mauritanie.

Désert du Sud marocain


Enfant, le père de Houssaine emmenait les chèvres loin du village, parcourant la montagne de points d'eau en points d'eau. Ces longues heures de solitude l'ont forgé, il se préparait sans le savoir à la vie des Nomades. Il lui arrivait de passer parfois 3 ou 4 jours sans retourner au village.

Les frères de son propre père était artisans ou cultivateurs. Mais le grand père de Houssaine gardait en lui l'attrait irrésistible du désert. Contrairement à ses frères, il était resté nomade et n'allait pas tarder à emmener son fils avec lui. Le père de Houssaine goûta ainsi à l'ivresse du désert dès l'âge de 9 ans.

Voyant les aptitudes évidentes de son fils, il l'avait choisi sans hésiter pour l'accompagner. Le père de Houssaine était en effet un habile berger, sachant emprunter les voies les plus sûres pour le troupeau et n'hésitant pas à consentir un large détour si le chemin le plus court s'avérait trop dangereux. Il ramenait toujours le troupeau au village sans incidents. Et il parlait avec énergie à sa famille de ses escapades dans les recoins perdus du Haut Atlas.

Désert du Sud marocain


L'herbe rare est riche en minéraux. Sa croissance est très lente, les taches d'herbe sont parsemées, mais les chèvres savent les dénicher. En berger observateur qu'il était, il laissait les chèvres s'aventurer ça et là, sachant trouver la patience. Il en profitait pour observer au loin la chaine de l'Anti-Atlas au delà de laquelle s'étendait le désert.

Un jour que nous approchions du village de M'Hamid, au sud de Zagora, je demandais à Houssaine comment il parvenait à s'orienter dans le désert. Autour de nous, des dunes s'étendaient à l'infini, dans une extrême solitude. Pendant que nos ombres s'allongeaient, conférant aux dromadaires des pattes démesurées sur le sable, Houssaine me disait que chaque Berbère avait sa propre méthode. Et de toute manière, il suffisait de connaitre les pistes ... Le soir, quand la clarté du désert baissait, les Berbères choisissaient un endroit abrité pour la nuit. La disposition de la tente tournait toujours le dos au chemin d'où ils venaient. Le soleil couchant indiquait l'ouest, ils étaient dans la bonne direction.

Mais là où nous étions, il était aisé de se repérer. Au loin, une ligne horizontale indiquait que le village de M'Hamid était pour bientôt. Cette ligne horizontale dessinait le massif de l'Anti-Atlas au nord, M'Hamid était donc à l'est droit devant nous. On n'avait qu'à suivre nos ombres.

Crédits photos: Luc Viatour, Jamou, Maxme

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