La malédiction du plastique

Le plastique a envahi nos sociétés au cours du dernier siècle écoulé. Il n'est plus possible d'acheter quoi que ce soit sans se coltiner un emballage en plastique. Les fabricants de sodas (très nocifs pour la santé par ailleurs) sont devenus parmi les plus gros pollueurs de la planète. Les conséquences sont désastreuses. Des plages de sable fin sont recouvertes de plastique, les rivières et les océans regorgent de plastique. Le bilan est alarmant, des ONG dénoncent l'inaction des gouvernements tout autant que le poids des lobbies dans les affaires publiques, mais rien ne change.

Selon les chiffres communiqués par Greenpeace (1), 300 millions de tonnes de plastiques sont produites chaque année. Le plastique contamine les océans et tous les milieux naturels. La pollution visuelle n'est qu'un moindre mal. La santé de la faune sauvage comme la santé humaine sont menacées.

Des initiatives se mettent en place, visant à débarrasser l'environnement de tous les déchets en plastique qui se sont accumulés. Récemment, une fondation néerlandaise, The Ocean Cleanup (2) a présenté son programme de nettoyage des océans. Un mécanisme de collecte des déchets en plastique flottant en surface va être déployé. Depuis plus de 40 ans, des initiatives locales, dans des villages, organisent le ramassage des déchets en plastique dans les rivières et les forets avoisinantes. Les efforts se multiplient, les campagnes d'information nous ressassent des messages alarmants, mais la malédiction du plastique s'étend inexorablement. Alors que faire ?

Toutes ces initiatives sont louables, essentielles et doivent mener à une prise de conscience globale. Ok, mais après des décennies de réflexions, d'alertes voire de culpabilisation des consommateurs, le bilan de la présence des déchets en plastique à la surface de la Terre conduit à un retentissant constat d'échec. Échec total !

Et si on arrêtait de produire du plastique tout simplement ?

C'est aussi la solution prônée par bon nombre d'entre nous, dont Greenpeace se fait l'écho. Éliminer le plastique à la source est encore la seule et unique solution pour stopper cette catastrophe en cours. On notera que le Maroc a interdit l'usage des sachets en plastique depuis deux ans. Ils sont désormais en matière naturelle recyclable. Il est vrai que les spectacles de plastiques accrochés aux cactus et aux arbrisseaux, à la périphérie des villes, étaient désolants.

Cette démarche semble être tout ce qu'il y a de plus raisonnable, mais elle reste marginale. Au contraire, on assiste à une recrudescence de l'usage des matières plastiques. Le Maroc, pays roi des tapis faits main en laine naturelle, voit se profiler des tapis en polypropylène usinés en Chine. Mais qui sont ces inconscients qui nous abreuvent de plastique jusque dans nos salons ?

Ici, les grandes enseignes de vente à distance, spécialisées dans le bas de gamme bon marché, se sont lancées dans le commerce invraisemblable d'objets décoratifs tous en plastique, comme de vulgaires tapis en plastique. L'ignominie atteint des sommets quand on découvre l'appellation de ces tapis en plastique repoussants. Chacune de ces enseignes écœurantes a en effet qualifié ces tapis de tapis de style berbère. Quelle honte !

Et si on arrêtait d'acheter du plastique tout simplement ?

Mettre un terme, du jour au lendemain, à tous les usages du plastique n'est pas une mince affaire. L'exemple des sacs d'emballage fabriqués à base d'amidon tiré du riz est typique. Cela a conduit à une augmentation du prix du riz, préjudiciable aux populations les plus fragilisées.

Dans d'autres cas, les solutions sont plus évidentes. Le plastique des bouteilles de sodas peut être remplacé par le verre consigné. Compte tenu de la nocivité des sodas pour la santé, tous ultra-transformés et contenant du glucose en excès, ou pourrait aussi arrêter de les consommer.

De son coté, le cas des tapis en plastique, garantis 100% polypropylène, estampillés Made in China, nous fait pénétrer dans le domaine de l'aberration la plus totale. Les grandes enseignes de la vente à distance, qui mènent une promotion active de ces ersatz de tapis plastique, engagent leur responsabilité au plus haut point. Sans foi ni loi, elles déversent leurs tapis en plastique dans notre quotidien. Elles contribuent au fléau de la pollution par les matières plastiques. Car ces tapis, de qualité très médiocre, finissent après quelques semaines dans une décharge, leur acquéreur ayant compris son erreur.

Ces enseignes adoptent aussi des comportements barbares dans le domaine du marketing digital, dérobant nos photos d'artisanat marocain en permanence, comme relaté récemment dans cet article sur ce blog, preuves à l'appui:

→   Les offres d'artisanat marocain et les affres d'Internet

L'attitude irresponsable de ces enseignes est déjà révoltante. Mais, par dessus le marché, ces enseignes détournent la Marque à protéger des tapis berbères. Le remède est pourtant simple. On doit impérativement cesser d'acheter les tapis de style berbère 100% polypropylène de la Redoute, Conforama, Ikea, Castorama, Saint-Maclou et autres enseignes peu recommandables. Le Grand n'importe quoi doit être banni une fois pour toutes ! Nous devons, chacun à notre échelle, nous comporter en citoyen responsable et averti. Boycotter ces marques spécialisées dans le "bas de gamme bon marché en plastique fabriqué en Chine" devient une attitude éco-citoyenne et éco-responsable.

Et si on achetait des tapis berbères tout simplement ?

Rien ne pourra jamais remplacer un authentique tapis berbère du Maroc. Sa laine naturelle provient de la nature, et elle ne contient aucun produits chimiques. Ces tapis sont fabriqués à la main par des tisseuses berbères depuis toujours au Maroc. Il en existe à tous les prix, dans toutes les tailles, et de toutes les couleurs. Certains de ces tapis berbères fabriqués à la main sont même vendus moins chers que les imitations ...

L'appropriation, pour ne pas dire le vol, par ces enseignes sans scrupules, de nos photos de tapis berbères, s'accompagne de viles comportements sur Internet, comme relaté récemment dans cet article sur ce blog:

→   Le tapis plastique à l'assaut du tapis berbère

Les Berbères sont réputés pour être restés proches de la nature, qu'ils soient établis au Maroc, en Algérie ou dans le Sahel ou ailleurs. Leur artisanat, réputé, souvent présenté sous le vocable Artisanat marocain, fait la part belle aux matières naturelles. On retrouve, pêle-mêle, l'osier, le rotin, le bambou, la laine, le bois, l'argile, la résine ou encore les feuilles de palmier Doum.

Toutes ces matières naturelles sont bien-sûr bio-dégradables et retournent à la nature tôt ou tard. C'est à partir d'une laine 100% naturelle que sont élaborés, notamment, les célèbres tapis berbères Beni Ouarain du Maroc, mondialement connus et recherchés, et entièrement faits main.

Tapis Beni Ouarain

Sources

1 - Le plastique, fléau des océans - Greenpeace, greenpeace.fr

2 - The Ocean Cleanup - The Ocean Cleanup, theoceancleanup.com


Crédit photos

- Le plastique, fléau des océans, greenpeace.fr

Artisanat du Sud - Tapis Beni Ouarain

www.artisanat-du-sud.com

www.tapis-beni-ouarain.com

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